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Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne nos comptes rendus du Conseil Municipal, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui participent à l'activité de NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, militants de la France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

Bon Blog
Pour "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !"

Etienne Doussain 

 

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Contact "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !"

onaledroitdevoirrouge@orange.fr

7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:09

Face au déferlement d'énergie soudain dont fait preuve le ministre de l'Intérieur (en a-t-il autant pour régler la situation faite à des centaines de familles Roms dans notre pays ou contre l'islamphobie récurente ?) à l'égard d'un pseudo humoriste dont les "plaisanteries nauséabondes" ne sont malheureusement pas nouvelles, nous restons quant à nous sur ce cri terrible et insoutenable

Nous vous le donnons à lire ...

 

Lettre aux spectateurs de Dieudonné 

ce jeudi 9 janvier 2014 à Nantes.

 (Si l'ambiance le rend possible, j'irai distribuer ce tract jeudi soir devant les files d'attente au Zénith, et si ce n'est pas possible, je les mettrai sur les véhicules des parkings, et si ce n'est pas non plus possible, je le lirai à haute voix, et en attendant je le mets sur internet.)

Chers spectateurs, nous ne pourrons pas rire avec vous au Zénith chez Dieudonné.

Et nous ne pourrons pas non plus demander l'interdiction du spectacle avec le ministre Manuel Valls.

Il nous est impossible de rire quand Dieudonné se moque de façon obsessionnelle de la mémoire des millions de juifs non-sionistes et anti-sionistes qui ont été assassinés méthodiquement dans les chambres à gaz hitlériennes : hommes, femmes, enfants.

Nous ne pouvons pas non plus prendre prétexte des provocations antisémites de Dieudonné pour limiter la liberté d'expression, avec ce gouvernement qui persécute par ailleurs les tziganes et les sans-papiers, et qui s'emploie à produire un immense désespoir social et éducatif qui nourrit vraiment le racisme fasciste.

Chers spectateurs, il y a plus de cent ans lors de l'affaire Dreyfus qui était un juif injustement condamné, il y a eu une grande et belle alliance, contre l'antisémitisme, entre les républicains laïcs et le mouvement ouvrier des socialistes révolutionnaires, comme Jean Jaurès, et des anarcho-syndicalistes. Cette alliance s'est retrouvée 40 ans plus tard dans la Résistance et se retrouve encore aujourd'hui. Pour qui le veut !

Bien qu'ignorée par les partis et médias dominants, notre proposition est disponible sans intermédiaire et directement appropriable par tous, chacun où il est.

La voici :

Une société de justice et de liberté, auto-organisée sans violence ni exclusions, sans privilèges et sans précarité,

·         qui mettra fin aux « crimes économiques et écologiques contre l'Humanité » par des lois efficaces contre la finance internationale,

·         qui sera fidèle aux promesses démocratiques, économiques et antiracistes de la Résistance anti-nazie, tellement trahies actuellement,

·         qui respectera les droits de tous à la dignité, à la créativité et à l'éducation, si bien que beaucoup de responsabilités publiques et politiques pourront être tirées au sort.

Réfléchissez-y par vous mêmes, loin des propagandes, des haines entretenues et des conditionnements idéologiques visant à nous diviser et à nous méfier de tous et de chacun.

Chers spectateurs de Dieudonné, prenez soin de vous, veillez sur vous. Nous vous demandons sincèrement de sortir la tête d'internet et de votre isolement devant les écrans vidéos, et de prendre cinq à six minutes pour lire à tête reposée, ces témoignages écrits qui ont été retrouvés enterrés après la guerre, dans le sol du camp d'extermination d'Auschwitz, afin que vous preniez conscience de votre responsabilité humaine, pour ne jamais oublier ce qui s'est passé et le raconter à vos enfants. Tous contact luc.douillard

Voici des scènes d'épouvante, qui nous mettent devant une double ou triple contrainte indépassable, puisqu'il est indigne de les taire, qu'il serait indécent de les raconter sans pleurer, et injuste de les réduire à l'émotion, car il faut aussi y ajouter la colère politique.

(Source : Revue d'histoire de la Shoah, n° 171, janvier-avril 2001, 421 pages, « Des voix sous la cendre » – Manuscrits des Sonderkommandos d'Auschwitz-Birkenau, Notes retrouvées du détenu témoin Lejb Langfus, texte traduit du yiddish par Maurice Pfeffer.)

LES SIX CENT JEUNES GARÇONS

« On avait amené au milieu de la journée six cent jeunes garçons juifs de douze à dix-huit ans, revêtus du costume rayé du camp, très léger et en loques, avec des chaussures ou des sabots de bois. Les enfants avaient l'air si beaux, si éclatants, si bien bâtis qu'ils rayonnaient dans leurs haillons. C'était dans la seconde moitié d'octobre 1944. Ils étaient conduits par vingt-cinq SS lourdement armés. Une fois qu'ils furent montés dans la cour, le chef du kommando leur avait ordonné : « Déshabillez-vous dans la cour ! ». Les enfants avaient aperçu la fumée de la cheminée et avaient aussitôt compris qu'on les menait à la mort. Terriblement effrayés, ils se sont mis à courir en tous sens en s'arrachant les cheveux, ne sachant comment se sauver. Beaucoup éclataient en sanglot et l'on entendait s'élever une extraordinaire lamentation. Le chef du kommando et son adjoint se sont mis à frapper sauvagement les enfants sans défense pour qu'ils se déshabillent. Quand le gourdin a finit par se briser à force de frapper, il en a pris un autre et à continué à fracasser les têtes. Le plus fort a été vainqueur. Les enfants se sont déshabillés en proie à une peur instinctive de la mort. Une fois nus et déchaussés, ils se pressaient les uns contre les autres pour se protéger des coups mais ne descendaient toujours pas [au bunker de gazage]. (…). Les voix pures des jeunes enfants devenaient au fur et à mesure de plus en plus fortes pour exhaler une profonde et amère plainte. Leurs bruyants sanglots se faisaient entendre au loin. On était complètement assourdi et envoûté par ces pleurs désespérés. Les SS assistaient à la scène avec un sourire satisfait et sans une ombre de compassion, puis avec l'orgueilleuse joie des vainqueurs, ils les poussèrent dans le bunker en les frappant brutalement. (...) » (Pages 78 et 79).

LES TROIS MILLE FEMMES NUES

« C'était au début de 1944. Il soufflait un vent froid et coupant, le ciel était couvert, la terre était complètement gelée. Le premier camion, plein à craquer de femmes et de filles nues, était arrivé au crématoire. (…) Le camion s'arrête. [On] soulève la benne [et] on bascule les corps comme on décharge un tas de gravier sur une chaussée. Celles qui gisaient devant tombent sur le sol dur, se fracassent la tête et le corps si bien qu'elles perdent la force de bouger. (…) On entend [–] des gémissements. Celles qui […] commencent à s'extraire du tas, [se] mettent debout [–], commencent à grimper (…), elles tremblent et grelottent terriblement de froid. Elles se traînent lentement jusqu'au bunker qui s'appelle « local de déshabillage » où l'on accède par un escalier comme vers une cave. (…) Elles sont depuis longtemps au camp, elles savent parfaitement que le bunker est la dernière étape vers la mort. Elles sont, pourtant, très reconnaissantes, avec des regards pitoyables et suppliants, elles remuent la tête pour exprimer leur gratitude, montrant avec les mains qu'il leur est difficile de parler. (…)

Huit jours plus tôt (…) on leur avait ordonné de se mettre toutes nues pour examiner si elles étaient en bonne santé. Après s'être déshabillées, on les avait poussées nues dans trois blocs, à raison de mille par blocs, étroitement serrées, puis enfermées pendant trois jours pleins, sans la moindre goutte d'eau, ni le moindre morceau de pain. Trois terribles journées de faim. (…).

Tout autour, de nombreuses jeunes filles se tenaient debout ou assises, têtes penchées, obstinément muettes. (…) Une mère est assise près de sa fille (…) la fillette a frissonné et a poussé un cri désespéré : « Maman ! ». Elle n'a plus rien dit. C'était ses derniers mots. (…) Des heures durant, des camions sont arrivés, qui se débarrassaient de leur masse humaine en la basculant par terre. Quand elles ont enfin été toutes rassemblées, on les a poussées dans le bunker de gazage. Les hurlements désespérés et les pleurs amers étaient effroyables, un terrible vacarme (…) des cris étouffés de toute sorte se sont entremêlés jusqu'à l'arrivée de la voiture de la Croix-Rouge [nazie] qui a mis fin à leur douleur et leur souffrance en lançant quatre boites de gaz par les quatre portillons supérieurs, aussitôt fermés hermétiquement. Dans un mystérieux silence, elles ont rendu l'âme. » (Pages 79 à 83).

AVEC LA RÉSISTANCE

« C'était vers la fin de 1943. On avait amené 164 Polonais de la région, parmi lesquels douze jeunes filles, tous membres d'une organisation secrète [de la résistance polonaise anti-nazie]. (…) Une jeune polonaise a adressé à tous les présents, déjà nus dans le bunker de gazage, un bref et ardent discours contre l'oppression et les assassins hitlériens qu'elle a terminé ainsi : « Nous n'allons pas mourir, nous serons immortalisés dans l'histoire de notre peuple. Notre initiative et notre esprit vivent et s'épanouissent. (…) À bas la barbarie, incarnée par l'Allemagne hitlérienne ! Vive la Pologne ! ». Elle s'est alors adressée aux Juifs du Sonderkommando : « Rappelez-vous que votre devoir sacré est de venger notre sang innocent. Rapportez à nos frères de Pologne que nous allons au-devant de notre sort avec une grande fierté et en pleine conscience. » Les Polonais se sont agenouillés à terre et ont récité avec ferveur une prière dans une pose impressionnante. Puis ils se sont relevés et ont chanté en choeur l'hymne national polonais. Les Juifs ont chanté la Hatikva. L'horrible destin commun a fondu ensemble dans ce petit coin maudit les accents lyriques de ces deux hymnes différents. Ils exprimaient avec une profonde et émouvante ardeur leurs ultimes sentiments et leur espoir en l'avenir glorieux de leur peuple. Puis ils ont chanté ensemble l'Internationale. Entre-temps, était arrivé la voiture de la Croix-Rouge [nazie], et l'on a injecté le gaz dans le bunker. Ils ont exhalé leur âme en plein chant et en pleine extase, en rêvant d'un monde fraternel et meilleur. » (Pages 70-71).

***

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 18:00

Le chiffre du jour

2,23

c’est en millions, le nombre de foyers qui recevaient le RSA en juin 2013 en France métropolitaine et dans les DOM

source : CAF

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 10:00

La-gauche-de-droite-est-au-pouvoir--par-Gerard-Mordillat_P.jpg

La-gauche-de-droite-est-au-pouvoir--par-Gerard-Mo-copie-1.jpg

La-gauche-de-droite-est-au-pouvoir--par-Gerard-Mo-copie-2.jpg

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 18:50

Un-gouvernement-qui-bricole-et-une-region-sinistree.jpg

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 17:06

Communiqué de la Fondation Copernic 23 octobre 2013


Entorses, contusions, côtes fracturées, entre un « encagement » de plusieurs heures et une évacuation brutale et illégale : la répression qui s’est abattue sur les mal-logé-es et les militan-es qui les soutenaient samedi 19 octobre place de la République a été particulièrement violente. Et elle n’était qu’un nouvel épisode d’une semaine de mobilisation du DAL (dûment déclarée en préfecture) rythmée par le harcèlement policier : interpellations et destruction du campement des familles le 15 octobre, nouvelle évacuation le 17 octobre (à l’aube de la Journée mondiale de lutte contre la misère) sous la menace des CRS.

Coups, blessures, traitements dégradants, nous sommes bien en France fin 2013, sous le gouvernement Ayrault. Ce gouvernement poursuit sans rupture la politique du précédent, autoritaire, méprisante et sourde aux revendications humanitaires et sociales. Il ne s’agissait pourtant, en face des gardes mobiles et de la police d’intervention, que de manifestants pacifiques, familles mal logées et sans logis, prioritaires DALO, anciens demandeurs, locataires en galère et leurs soutiens, qui ne demandaient que le respect de leurs droits et l’application des lois (loi DALO, droit à l’hébergement, loi de réquisition, notamment).

Cet épisode particulièrement choquant n’a pourtant pas fait la une des médias. Pas plus que l’expulsion de 19 familles à Montreuil à la veille de la trêve hivernale, ou la nième évacuation de camp sans solution de relogement. Une expulsion parmi d’autres. Les violences de la République cette semaine vont-elles elles aussi devenir des violences parmi d’autres ? Elles marquent une évolution dramatique : la criminalisation toujours accrue de la misère, et la criminalisation des mouvements sociaux qui la dénoncent, sur fond d’atteinte à la liberté de manifester, liberté constitutionnelle et droit républicain s’il en est.

A l’heure où la discussion publique de la loi ALUR proposée par la ministre du logement s’ouvre au Sénat, les pouvoirs publics répondent par la répression à la détresse des individus, des familles, des enfants sans toit à la veille de l’hiver.

La Fondation Copernic s’alarme de ce tournant répressif et condamne avec la plus grande fermeté ces traitements indignes, véritable faute politique. Associée au DAL et à la Plate-forme Logement des Mouvements sociaux dans le cadre d’une campagne contre le logement cher [1], elle demande l’amendement de la loi ALUR, pour assurer le relogement des prioritaires DALO, le droit à un hébergement jusqu’au relogement, l’application de la loi de réquisition, l’interdiction des expulsions illégales et des congés frauduleux, le renforcement des droits des habitants de logement indécents ou indignes, et la baisse significative des loyers.

La misère grandit, la répression aussi, jusqu’où ?

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 14:00

Le chiffre du jour

57 693

c’est le nombre de lits d’hospitalisation supprimés entre 2002 et 2011 (Source Dares)

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 18:54

On peut comprendre que mélanger sa voix avec celles des députés UMP, voire d'autres de la droite extrême, puisse géner.

Quoiqu'il en soit, l'enjeu du scrutin d'aujourd'hui dépassait sans doute les réticences de forme. Chacun sait qu'entre le vote contre des députés du Front de Gauche et celui de ceux évoqués ci-dessus, l'explication de vote n'est pas de même nature. Pour autant, le constat est simple. Face à une contre-réforme, car il n'y a rien de progressiste dans celle-ci, ne fallait-il pas prendre le risque de mettre en echec le projet, y compris de façon, on peut en convenir, politicienne ?

La question restera posée car 249 contre + 49 abstentions, sauf erreur de notre part, et la majorité du scrutin changeait ... Or, entre EELV et la minorité socialiste, il y avait un peu de marge. Non ?

Une claque symbolique qui n'aurait fait de mal à personne, à part aux promoteurs de cette entreprise de régression sociale !

On notera, sans étonnement d'ailleurs, que le député de la 3ème circoncription de Seine Saint Denis n'a pas eu d'état d'âme. Faut dire que ses inquiétudes sur sa retraite ne devrait pas être les mêmes que celles de plusieurs millions de salariés dans le futur ...

 

On a le droit de voir rouge


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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:39

Au moment où certains députés socialistes hésitent - d'ailleurs on aimerait connaitre la position de celui de la 3ème circonscription du 93 -, au moment où les députés du FDG et plusieurs d'E.E.L.V. bataillent, raison de plus pour continuer à faire monter la pression !

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 15:58

Au delà des slogans syndicaux, les réformes successives et inefficaces des retraites intéressent tout le monde, actif, précaires, chomeurs et jeunesse. Derrière la mécanique infernale de l'appauvrissement généralisé, derrière la volonté d'opposer entre eux, ceux qui ont, ceux qui n'ont plus et ceux qui n'auront pas, c'est bien un choix de société qui est posé à chacun et chacune.

 

Rien n'est achevé, et surtout pas après le vote favorable des députés de la majorité, et la lutte mérite d'être menée dans la durée. Donc ...

 

On a le droit de voir rouge

 

Meeting unitaire

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 15:33

A qui va-t-on faire croire que 15 000 à 20 000 personnes, enfants compris, sont un danger pour près de 60 millions d'habitants ?

A qui va-t-on faire croire que scolariser des enfants vivant dans des bidonvilles ignobles est impossible ?

A qui va-t-on faire croire que l'inclusion n'est pas possible dans notre République alors même qu'un ministre de l'Intérieur fait lui-même la preuve par son parcours personnel, par sa propre naturalisation, que le droit du sol est une réalité dont chaque français peut être fier ?

A qui va-t-on faire croire que naitre en France, comme c'est le cas pour de nombreux enfants Roms, mériterait expulsion et opprobe ?

A qui va-t-on faire croire qu'une mairie est obligée de considérer les enfants scolarisés comme "hors commune", ce faisant en imposant un coût exhorbitant pour la restauration scolaire et les activités péri-scolaires  ?

A qui va-t-on faire croire qu'en laissant s'entasser dans des conditions indignes des dizaines de famille, elles ne seront pas la proie de mafias et de salauds ?

A qui va-t-on faire que la puissance publique, mairies comprises, ne serait pas capables d'organiser une répartition et une intégration intelligente de quelques milliers de personnes au moment même où le Président de la République s'interroge à juste titre pour accueillir des réfugiés syriens ?

A qui va-t-on faire croire qu'à force de destruction de taudis, ici ou là, on aura tout fait pour empêcher la création de ghetto honteux en forçant de fait à des regroupements toujours plus importants ?

Enfin, a qui va-t-on faire croire que, alors que l'Europe a prévu des fonds spécifiques depuis longtemps, que l'argent manquerait pour une véritable politique d'intégration ?

 

Ne perdons pas la mémoire, souvenons-nous des étoiles jaunes !!!

 

On a le droit de voir rouge.


 

Roms : la commune humanité bafouée

 

Signer la pétitionVoir les signataires

 

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

 

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

 

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

 

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

 

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

 

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

 

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

 

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

 

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

 

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :

Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

 

Signer la pétitionVoir les signataires


 N'hésitez pas à diffuser largement cet appel.

 

 


 

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