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Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne les interventions municipales de nos élus, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui ont participé à la construction de la Liste NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

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Contact "Noisy Solidaire, à gauche vraiment !"

onaledroitdevoirrouge@orange.fr

23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 00:42
Cerises toujours au rendez vous pour celles et ceux que cela intéresse avec un sommaire qui donne envie d'en savoir plus, si affinités, bien entendu.


et le lien en PDF :cerises35-1-.pdf cerises35-1-.pdf

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 19:55
La semaine dernière, la remise d'un rapport au ministre de l'écologie avait attiré notre attention.

Le journal l'Humanité a eu la bonne idée de publier plusieurs contributions sur le thème du coût de la biodiversité. Pas de raison pour se priver d'une publication supplémentaire tant le débat nous apparaît important. C'est un peu long, certes. Mais comment passer à côté de reflexions croisées ?


l’Humanité des débats DU 16 MAI 2009

« Évaluer les services de la biodiversité »

Par Bernard Chevassus-au-Louis, biologiste, ancien directeur du Muséum d’histoire naturelle, coordinateur du rapport intitulé l’Approche économique de la biodiversité.

La nature a-t-elle un prix ?

Le groupe de travail que vous avez dirigé propose d’établir un référentiel économique afin d’évaluer monétairement les services rendus par la biodiversité. C’est un outil nouveau. Dans quelle mesure était-ce un outil nécessaire ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Depuis le milieu du XIXe siècle, un certain nombre d’arguments ont été mobilisés pour défendre la nature. Esthétiques, philosophiques, culturels, éthiques… Il en existe déjà toute une batterie. Mais s’ils font mouche sur des espaces ou des espèces déjà remarqués par la société, ils s’avèrent insuffisants pour défendre cette part plus ordinaire de la nature que constituent les lombrics, les pissenlits ou encore les bactéries du sol. Jusqu’ici, non seulement cette nature-là n’avait pas de prix, mais elle avait une valeur négative. Lorsqu’il s’agissait de trancher entre une zone urbanisée, une terre agricole ou une prairie en friche pour faire passer une autoroute, on retenait systématiquement la troisième option. Or elle nous rend des services, cette nature. Autrement dit, si elle n’a pas de prix, sa perte aura un coût. Notre questionnement a donc été de savoir si des arguments économiques pouvaient aider à la défendre.

Comment avez-vous opéré ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Pour comparer différents éléments de bien-être, il faut disposer d’une même unité de mesure. Par exemple, avant de décider de construire une autoroute, on met en balance ses avantages : gain de temps, confort, réduction des accidents de la route, avec ses impacts environnementaux : production de CO2 ou perte de biodiversité. Sans unité commune, difficile d’établir un bilan. En revanche, transformer ces éléments en euros ou en dollars permet d’y parvenir. C’est donc ce que nous avons fait.

Il n’était pas question d’évaluer chaque espèce une à une. La science écologique n’aurait pas pu s’en débrouiller. En outre, ce ne sont pas les entités qui comptent, mais ce qu’elles réalisent ensemble. Si, pour juger de la qualité d’un orchestre, vous écoutiez chaque instrument isolément, vous n’auriez aucune idée de la qualité de la symphonie. Nous avons donc considéré la biodiversité ordinaire comme une boîte noire et décidé d’évaluer non pas ce qu’il y a dedans, mais les services qui en sortent, aujourd’hui et en France. Cette évaluation n’est pas définitive. Elle évoluera en même temps que nos attentes vis-à-vis des écosystèmes.

Mettre un prix à la biodiversité introduit la possibilité de l’échanger, donc de la « marchandiser ». Quels garde-fous proposez-vous ?

Bernard Chevassus-au-Louis. Accepter de mettre une valeur signifie que l’on accepte de comparer. Mais accepter de comparer ne veut pas dire accepter de vendre. Une fois la décision prise de mordre sur un écosystème, la question reste posée de savoir comment traiter l’impact de cette décision sur la biodiversité.

Notre rapport préconise une compensation en nature plutôt qu’en argent. En effet, s’il n’est plus possible de continuer à diminuer notre capital écologique global, il faut remplacer celui que l’on perd et non l’échanger contre d’autres éléments de bien-être. Où ? La proximité immédiate de la zone défrichée n’est pas forcément le meilleur choix, d’autant que les aménageurs ne savent pas toujours s’y prendre. A contrario, créer un troc international visant à compenser un impact sur les Landes par un morceau de massif corallien en Australie n’est pas souhaitable. D’abord, nous ne saurions pas faire. Ensuite, contrairement au gaz carbonique, la biodiversité n’est pas globale. Si les sols s’épuisent à un endroit donné, les effets seront d’abord locaux. L’échelle régionale nous paraît donc raisonnable, quand bien même des échanges internationaux ne sont pas exclus, par exemple dans le cas des grands fleuves européens.

Entretien réalisé par Marie-Noëlle Bertrand

 « Tout ce qui est vivant ne peut être tarifé »

Par Dominique Bourg, philosophe, directeur de l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain, université de Lausanne.

La nature a-t-elle un prix ?

Quelle distinction faites-vous entre le prix et la valeur de la biodiversité ?

Dominique Bourg. Il faut réserver l’usage de la notion de prix à tout ce qui s’échange. La façon la plus pratique d’échanger consiste à fixer un prix. Par définition les marchandises peuvent s’échanger et se substituer par le biais d’une évaluation monétaire. Dans le cas de biens qui ne sont pas substituables ni échangeables, il faut parler de coût plutôt que de prix.

La vie d’un être humain a un coût : en termes de scolarité, de formation, de santé publique, etc., mais elle n’a pas de prix : toute vie est singulière, irremplaçable. La valeur enfin est une entité non seulement inéchangeable et insubstituable mais qui conditionne toutes les autres. Par exemple la stabilité climatique qui, dans l’histoire de lé, a rendu possibles l’éclosion et le développement des civilisations. On sait désormais que tout peut basculer : il suffit que la température moyenne du globe augmente d’un degré pour que l’Ouest américain retourne au désert ou que le monde méditerranéen sombre sous les cyclones. Avec trois degrés de réchauffement, l’Amazonie serait le nom d’une zone aride, au-delà la planète serait invivable. La stabilité climatique n’a donc pas de prix ni de coût : c’est la valeur limite qui conditionne toute construction sociale.

Une espèce végétale qui disparaît non plus n’a ni prix ni coût. Sa valeur est incommensurable…

Dominique Bourg. Une espèce vaut par sa singularité, sa disparition est irréversible et irremplaçable. Mais ce qui a encore plus de valeur c’est la diversité biologique qui donne au vivant sa faculté de résistance et d’adaptation. Il y a vingt ou trente ans, on se représentait la nature comme un simple décor de théâtre, aujourd’hui le concept de biodiversité nous fait comprendre que l’Homme appartient à un réseau d’interdépendance, sans lequel il ne peut vivre. Or cette diversité, qui est la condition de nos activités, disparaît désormais à un rythme phénoménal. Toutes dépendent des services écologiques que nous procure le vivant. Dans certains cas le progrès technique peut se substituer à un service défaillant, mais il y a des services qui ne seront jamais substituables. Il faut donc se demander si un service dégradé est substituable, mais surtout s’il y a intérêt à le laisser détruire au risque de compromettre l’existence de tous.

Mais pourquoi monétariser ce rapport à la biodiversité ? Ne risque-t-on pas ainsi de susciter une sorte de marché des droits à détruire, en perdant de vue la valeur ultime, inéchangeable qu’il s’agit de préserver ?

Dominique Bourg. La logique de compensation n’a de sens que dans des règles et des limites précises. Si on se contente de donner une compensation monétaire à chaque destruction, on ne fait pas obstacle à l’étiolement des conditions d’existence. La compensation suppose qu’on remplace le même par le même et que ce marché soit fermement encadré et limité dans son fonctionnement par l’État. Ce qu’on appelle le droit de polluer n’a de légitimité que s’il se substitue à une situation où la pollution est illimitée et n’est pas mesurée. Il ne suffit pas de fixer des quotas. Car le plus riche, le plus dépensier aura toujours la possibilité de racheter le quota du pauvre. De même, dans un monde qui dévore la biodiversité, la richesse n’est pas simplement un bien, c’est un bien associé à des maux, à des destructions de valeurs suprêmes qui conditionnent la vie de tous. Tout ce qui est vivant ne peut être tarifé. La monétarisation de la diversité biologique n’est donc souhaitable et admissible éthiquement que si elle s’accompagne de mesures d’interdiction des comportements les plus destructeurs. Une logique marchande qui porte sur des biens échangeables n’est pas en soi répréhensible, sous réserve qu’on ne l’étende pas à ce qui n’est pas échangeable.

Entretien réalisé par Lucien Degoy

« Dès lors que l’on compare, on peut échanger »

Par Franck-Dominique Vivien, économiste de l’environnement (*).

« La nature est une notion vague et pour ainsi dire attrape-tout. Je peux y inclure mon chat autant que des phénomènes non vivants (par exemple les interactions atmosphériques) ou que des écosystèmes sauvages. Le rapport sur l’approche économique de la biodiversité n’entend justement pas donner un prix à ce tout. Il s’intéresse à un objet naturel précis, à savoir les services environnementaux rendus par certains types d’écosystèmes. C’est un exercice singulier, qui n’a pas vocation à être étendu à toute problématique environnementale. Cela posé, le langage économique est à l’image des langues d’Ésope (1) : il peut être le meilleur et le pire. Le meilleur, dans la mesure où il permet de révéler un certain nombre d’enjeux de société et de pouvoir : combien ça coûte, qui paye, pour qui, pour quoi ? En ce sens, il est utile au débat public, à la démocratie et à la prise de décisions. Au reste, ce n’est pas parce que l’on met un prix sur une chose que l’on en fait une marchandise. Fixer un prix, c’est d’abord établir un coût. Cela nous permet par exemple de décider du montant des impôts, ce qui est bien du ressort des politiques publiques.

Mais ce langage peut également être le pire. Il est susceptible d’avantager les groupes d’intérêts les plus habiles à manipuler un référentiel monétaire. Or, dans notre société capitaliste, celui-ci est institué de façon à mettre en relief certains éléments et à en laisser d’autres dans l’ombre. En outre, évaluer n’est jamais neutre. Cela entraîne nécessairement la comparaison. Dès lors que l’on compare, on peut échanger. Ce n’est pas forcément terrible. Le propriétaire d’un bout de forêt ratiboisé par une autoroute sera d’autant mieux indemnisé que cette forêt et les services qu’elle rend auront été évalués. A contrario, on peut imaginer que les propriétaires de forêt demandent des subventions à hauteur des bienfaits que leur bien apporte à la société. Est-ce de la marchandisation ? Il n’y a ni mise aux enchères, ni marché de la forêt. En revanche, on peut considérer qu’il y a marchandage…

Par ailleurs, évaluer par l’argent n’est pas toujours légitime. Certaines choses peuvent revêtir une valeur monétaire, d’autres non. Jusqu’où peut-on autoriser l’outil économique et quelles limites établir ? Il n’existe pas de réponse unique. La valeur, même morale, que nous donnons à la nature n’est pas fixe dans l’espace et dans le temps. Il existe autant de rapports à la nature qu’il existe d’objets naturels, de société et d’époques. Certaines sociétés font peu de distinction entre ce qui relève de l’humain et du non-humain, où le guépard est considéré comme la figure de l’ancêtre… Qui est capable de mettre un prix sur sa grand-mère ? Autre exemple : demander à combien on estime la valeur du grizzly ne choque pas aux États-Unis. La même question soulève de l’incompréhension, si ce n’est de la réprobation en France. Mais reposez-la à propos de l’eau : elle ne choque plus, aujourd’hui, ça n’aurait pas été bien reçu il y a cinquante ans. Pour diverses raisons, notre société moderne a admis que l’eau peut être sous emprise économique. Enfin, il y a les limites techniques. Finalement, notre rapport direct à la nature passe encore peu par l’argent. Du coup, quand il s’agit de le chiffrer, il arrive que l’on ne sache pas faire autrement que de considérer ce rapport comme un marché. Afin d’estimer la valeur d’un site naturel remarquable, on va chercher à savoir combien les gens sont prêts à dépenser pour le voir : transport, séjour, droit d’entrée… Faute d’outils, nous en faisons un rapport de consommation banal. Et l’on pénètre, de fait, dans la sphère marchande. »

(*) Auteur du Développement soutenable, La Découverte, 2005.

(1) Écrivain grec à qui l’on attribue la paternité des premières fables.

Propos recueillis par Marie-Noelle Bertrand.

« C’est une révolution culturelle »

Par Gilles Benest, biologiste et responsable du réseau France Nature Environnement (*)

La nature a-t-elle un prix ?

« Mettre un prix sur un objet naturel peut-il nuire à sa valeur intrinsèque ? La même question peut se poser pour l’art. Mettre un prix sur une statue nuit-il à sa valeur artistique ? Tous les économistes disent non. Ce sont deux choses différentes qui n’ont pas de lien entre elles. Cela n’empêche pas que l’une influe sur l’autre. Une oeuvre mise sur le marché permet à son auteur de vivre. Elle peut aussi être volée ou terminer dans le bureau d’un collectionneur. D’une manière ou d’une autre, il s’agit de l’appropriation d’un bien qui devrait être public.

Les risques, pour la nature, ne sont pas similaires. On ne peut pas la cacher dans un coffre. En revanche, on peut la dégrader, en y construisant une route, une maison ou en la transformant à des fins de production. Elle peut être échangée contre un autre bien : une infrastructure, une production. Toute la question est de savoir quand il est légitime de faire, comment et à quelle hauteur compenser les pertes. Si l’on dégrade un hectare à tel endroit pour faire passer une autoroute, combien d’hectares faudra-t-il créer par ailleurs ? Quelle sera la valeur de cet hectare détruit selon qu’il abritait des espèces ordinaires ou des espèces patrimoniales ? Toute la question est là.

Car il y a une réalité : l’homme ne plane pas au-dessus de la nature. Il y exerce une pression et il faut l’accepter. L’outil économique proposé par le groupe de travail dirigé par Bernard Chevassus-au-Louis doit nous permettre de prendre en compte cette pression. Concernant l’énergie, nous disposons d’un étalon de mesure identique pour chacune des sources : le watt. Nous n’en avons pas quand il s’agit de comparer une autoroute à une prairie. L’étalon monétaire va servir d’étalon commun. C’est une révolution culturelle, dont je suis convaincu qu’elle sera efficace pour établir des mesures compensatoires. Mais ce n’est qu’un premier pas. Le rapport fixe des référentiels pour un certain nombre d’écosystèmes. Il présente des méthodes de calcul qui peuvent être reprises, développées et complétées. Nous n’en sommes qu’aux prémices, y compris sur la façon de définir la biodiversité. Finalement, c’est une notion assez virtuelle. On peut dire qu’elle est l’ensemble des animaux et des plantes. Mais comment la définir à l’échelle d’une surface de 30 m² vouée à être remplacée par une autoroute ? Ce n’est pas évident.

Le rapport est très clair là-dessus et c’est, entre autres, ce qui en fait l’un des plus intéressants du moment sur le sujet : la seule chose que l’on soit à peu près capable d’évaluer monétairement, ce sont les services rendus par la nature à la société. Or une part de la nature ne rend des services qu’à elle-même. Dans une perspective de bouleversements climatiques, donc d’évolution de la biodiversité, il convient de pas la négliger. L’outil économique est donc intéressant. À condition qu’il ne soit pas détourné de sa vocation. Notre époque a tendance à croire que tout mettre sur le marché peut être efficace. Il est évident que c’est faux. Il y a trois ans, nous avons créé des quotas de CO2 en pensant que cela servirait à réduire les émissions de gaz. Aujourd’hui, on le constate : les plus riches achètent leurs quotas de CO2, autrement dit le droit de continuer à polluer. C’est un risque réel dont il convient de se prémunir. J’en reviens aux oeuvres d’art. On me dit que même celle à qui l’on accorde la plus grande valeur patrimoniale peut être achetée une fois mise sur le marché. Même la Joconde. Sauf que personne ne prendra le risque de mettre la Joconde sur le marché. Ne prenons pas le risque de mettre notre nature patrimoniale sur le marché, qu’elle s’appelle parc naturel de la Vanoise, ours, ou encore le Mont-Blanc. »

(*) Membre du groupe de travail chargé de rédiger le rapport sur l’approche économique de la biodiversité.

Propos recueillis par Marie-Noelle Bertrand 

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 18:05


A notre avis, Ils ont raison !

Le lien pour mieux lire le document : stif-non-a-des-hausses-tarifaires-injustes.pdf stif-non-a-des-hausses-tarifaires-injustes.pdf





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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 17:44
Il y a encore du boulot pour faire reculer cette absurdité qui consiste à faire payer les malades parce qu'ils sont malades. C'est toutefois un premier pas qu'il est utile de porter à la connaissance du plus grand nombre.




Paris, le 18 mai 2009

Franchises médicales : le Conseil d’Etat annule en partie le décret et encadre leur montant.

 Saisi par la FNATH, association des accidentés de la vie, et par l’ANDEVA (association nationale des victimes de l’amiante), le Conseil d’Etat a rendu le 6 mai dernier un arrêt annulant en partie le décret de 2007 instituant les franchises médicales. Si le Conseil d’Etat n’a pas remis en cause le principe même des franchises, il reconnaît implicitement que leur montant peut être de nature à «compromettre le droit à la santé ». Le gouvernement ne pourra plus augmenter indéfiniment leur montant.

 Le Conseil d’Etat a annulé l’article 2 du décret en ce qu’il obligeait les caisses à prélever le montant des franchises sur les autres prestations perçus par les bénéficiaires du tiers payant. Cet article est en effet contraire à la loi en vertu de laquelle « les sommes dues au titre de la franchise peuvent être versées directement par l'assuré à l'organisme d'assurance maladie dont il relève ou peuvent être récupérées par ce dernier auprès de l'assuré sur les prestations de toute nature à venir ». Cette annulation devrait entraîner une modification dans les pratiques des caisses.

 Malgré cette annulation, la FNATH et l’ANDEVA regrettent que le Conseil d’Etat n’ait pas souhaité répondre à la question de savoir s’il était légitime, en droit, de faire payer aux victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle le coût des dépenses de santé générées par la faute de l’employeur, sans pouvoir se retourner vers celui-ci. Cette situation conduit finalement à faire payer à la victime l’indemnisation des soins liés à son préjudice et revient à réduire de fait l’indemnisation -déjà forfaitaire- des victimes du travail.

 Toutefois, la FNATH et l’ANDEVA considèrent que cet arrêt ouvre malgré ses limites des possibilités d'action pour les assurés. Il admet en effet que les sommes susceptibles d'être laissées à la charge des personnes, y compris le coût de la souscription d'un contrat d'assurance complémentaire, peuvent être « importantes » et avoir pour effet « de compromettre le droit à la santé des personnes, notamment des travailleurs exposés à des risques professionnels importants ». Mais, il estime que la FNATH et l'ANDEVA n'ont pas rapporté d'éléments suffisants pour établir que ces sommes « excèderaient la part des revenus au-delà de laquelle les exigences du onzième alinéa du Préambule de la  Constitution[1] seraient méconnues ».

Même s’il ne donne pas satisfaction à la demande de suppression des franchises –en particulier pour les victimes du travail- portée par la Fnath et l’Andeva, le conseil d’Etat restreint dorénavant les marges de manœuvre du gouvernement pour augmenter indéfiniment les franchises médicales, tentation qu’il pourrait avoir dans une période de déficit important de l’assurance maladie.

Il permet a contrario par l’apport d’éléments individuels probants de faire admettre que le montant des franchises médicales méconnaît le droit constitutionnel à la santé. Ainsi, au cas par cas, il pourra être démontré que pour les personnes les plus fragilisées le reste à charge est trop élevé - du fait de l’importance du montant des franchises et du coût de la souscription d’un contrat d’assurance complémentaire de santé.

Le Conseil d’Etat a donc implicitement estimé que les franchises médicales peuvent restreindre le droit à la santé des personnes concernées à la condition d’apporter des pièces justificatives sur des situations individuelles. La FNATH et l’ANDEVA vont dont étudier la possibilité de faire appliquer cet arrêt à toutes les situations individuelles répondant à ces critères.



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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 18:40

Vous croyez en plus à l'importance de l'école publique ?

Alors cliquez sur ces liens, regardez et écoutez ...

Quant un grand artiste chante l'Education Nationale,
misères et espoirs...
A diffuser sans retenue
(amis, famille).

C'est aussi une façon de témoigner, de se bagarrer pour nos enfants
et notre école publique... et nos quartiers !
 
http://www.dailymotion.com/video/x991iq_grand-corps-malade-education-nation_music
 

Lorsque Moussa quitte sa classe de CM2 à Épinay, c’est là qu’il va :

http://www.dailymotion.com/related/x991iq/video/x6zie7_grand-corps-malade-je-viens-de-la_music?hmz=74616272656c61746564

Le premier titre de Grand corps malade ne pouvait prendre tout son sens sans ce second...     

Ce qui n'empêche pas d'acheter les disques de l'artiste ... au contraire !

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 18:19

La première pour les habitués et ceux qui veulent s'habituer, c'est le lien avec le dernier "Cerises" avec un papier intéressant sur Hadopi, autre bal des hypocrites, et un topo sur Alain Badiou, philosophe de son état.






 

Lien :cerises34-1-.pdf cerises34-1-.pdf


















La seconde, c'est une peu d'information sur la façon dont les votes se répartissent au Parlement Européen. C'est intéressant et révélateur pour vérifier que les tenants du traité de Lisbonne, véritable imposture après les victoires du Non français et Irlandais, se serrent bien les coudes.

Après, chacun fera ce qu'il voudra dans l'isoloir ! En attendant le 7 juin, vous pouvez toujours cliquer sur le lien:

http://www.observatoiredeleurope.com/Elections-europeennes-le-bal-des-hypocrites_a1164.html

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 16:10

Vendredi 15 mai 2009 ; ne pas oublier le deuxième conseil municipal de la semaine...

L'agenda municipal a encore frappé et nous n'avons surtout pas oublié ce rendez vous supplémentaire.

 

Convoqués en grand pompe, écharpes tricolores de sortie, la population était conviée à écouter la bonne parole consensuelle du moment sur les difficultés du Pavé Neuf. Et, pour cela, la première fois depuis 14 ans, le gymnase Louison Bobet recevait le conseil municipal en séance.

Mise en scène impeccable ; estrade pour le maire, le représentant du MRC, la représentante des Verts et notre ineffable conseiller général, néanmoins adjoint au maire ; les autres un cran au dessous... Quand à l'opposition, un cran au dessous, elle aussi, ses marques sont retrouvées, il suffit de suivre l'ordre du tableau.
Panneaux d'exposition accrochés, verres de l'amitié préparés, public attentif, certains prêts pour la claque.
C'est vrai, c'est important la claque pour dire sa satisfaction. Pour dire, il ou elle a bien parlé, presque que comme dans la chanson "il est des nôtres... etc.".


Mais, soyons sérieux, le sujet est trop grave pour que l'on ironise sur le décorum.

Le sujet ? Un vœu pour l'avenir du Pavé Neuf ...

Pour dire quoi, trémolos dans la voix si nécessaire ? Que les élus étaient tous rassemblés avec la population du Pavé Neuf pour réclamer de l'Etat qu'il respecte sa parole et, qu'au passage, il assume ses fonctions régaliennes, la sécurité en la circonstance, ce avec quoi, nous, élus de "Noisy Solidaire, à gauche vraiment", sommes d'accord.

Mais là où le
bât blesse, c'est quand on veut faire croire que, seule, le respect de la parole de l'Etat, incarné aujourd'hui par les gouvernements successifs du président Sarkozy, suffira à régler les problèmes de mal vie dans nos cités.

Comme si, miraculeusement, l'application des demandes de la ville de Noisy le Grand dans le cadre de l'Agence Nationale de Renouvellement Urbain, l'ANRU pour simplifier, et la mise en place de nouvelles caméras de vidéosurveillance, doublées pour l'occasion, allaient régler les problèmes de la désespérance de la jeunesse, des difficultés sociales des familles, de la clandestinité des sans papiers, ou du chômage et de la précarité !

Comme si, la ville pouvait faire, pour partie au moins, l'impasse sur sa responsabilité partagée ! Nous ne faisons pas de mauvais procès car nous savons que de nombreuses actions ont été menées. Nous disons simplement que nous n'avons pas le choix, et qu'il faut continuer encore et encore, et encore plus.

Et, là, les choix budgétaires sont une réalité incontournable. Non pas que le seul Pavé Neuf mérite toutes les attentions de la commune au détriment des autres quartiers. Mais, quand même, le Pavé Neuf mérite une attention encore plus soutenue en raison de sa fragilité.

On ne peut pas se satisfaire du mépris implicite de l'Etat à l'égard de la population noiséenne mais on ne peut se satisfaire d'une explication partielle des difficultés rencontrées depuis 5 ans pour la réussite du fameux dossier ANRU. Que M. le Maire veuille bien nous dire sur quoi a achoppé, bien avant que les caisses de l'ANRU soient vides (d'autres choix budgétaires, là encore !), la négociation avec les services de l'Etat.

Pour avoir essayé de le dire avec nos mots et notre conception, nous avons été accusés publiquement de "lâcheté". Singulière conception du débat démocratique car, à l'exception d'une différence de conception sur la sécurité qui a fait dire à la représentante du Modem qu'" Etienne DOUSSAIN était un doux rêveur" (mais pourquoi, diable, se croit-elle obligé d'en rajouter ?), d'autres voix, dont celle-là, ont été aussi responsables que la n
ô
tre en indiquant, qu'au delà de l'Etat, il fallait que l'on se mobilise pour le Pavé Neuf. 

Alors que l'on ne
nous fasse pas dire ce que nous ne pensons pas. On peut et on doit agir sur l'urbanisme du Pavé Neuf. Pour cela, les moyens de l'Etat doivent s'ajouter à ceux de la ville, ce ne serait que justice puisqu'Epamarne est le concepteur de ce quartier. Que la Région Ile de France aide ! Que le Conseil général apporte sa pierre au chantier !

 

Cela veut-il dire que la ville en a terminé avec ses responsabilités ? Nous ne le croyons pas.

Pour éviter toutes rumeurs inutiles, ci après le texte de notre intervention :

Monsieur le Député Maire, Mesdames, Messieurs

Le caractère exceptionnel de ce second conseil de la semaine, le lieu choisi pour la première fois à notre connaissance depuis 1995, ont retenu toute notre attention.

Nous avons bien compris, Monsieur le Maire que vous souhaitiez avec votre majorité donner un écho particulier à cette réunion comme s’il fallait renforcer par avance la gravité et l’importance du vœu que vous soumettez à notre approbation.

Néanmoins, autant le dire d’emblée, organiser un conseil municipal dans un quartier, voilà une excellente idée à laquelle nous aurions du penser plutôt. Aussi nous regretterons qu’il faille « un certain nombre de faits graves … dans le quartier du Pavé Neuf » pour qu’une telle initiative voit le jour. Nous espérons donc, malgré l’évidente dramatisation de la note de présentation de ce soir, que ce premier rendez-vous des élus en séance dans ce quartier en annoncera d’autres.

Après la mise en place de premiers conseils consultatifs et malgré leurs limites, de notre point de vue au moins, il y aurait là un prolongement utile sur le plan de la proximité des élus avec la population.

Mais venons-en au vœu proposé ce soir. Nous venons de le dire, nous avons été frappés par la dramatisation du propos liminaire. Nous ne sommes pas de ceux qui estiment qu’agressions, vols et destructions sont tolérables. Oui, il est indispensable qu’une victime obtienne réparation et qu’à ce titre le ou les responsables de faits délictueux soit poursuivi et empêché de récidiver de façon appropriée, fussent-ils mineurs.

Il n’y a aucun doute sur ce point, comme il n’y aucun doute sur le fait qu’une succession d’actes violents et de malveillance met à mal la qualité de vie des habitants de notre ville. Brûler des locaux ou des véhicules et brutaliser pour les voler des habitants, des passants ou des salariés qui travaillent dans ce quartier, ce n’est pas acceptable et nous ne l’acceptons pas.

Pour autant, notre sentiment, ce soir, est partagé car nous avons l’impression, le caractère solennel de ce conseil le confirme, qu’il ne s’agit pas seulement du seul enjeu de la sécurité des habitants du Pavé Neuf.

Vous essayez, Monsieur le Maire, de faire croire que seule la politique nationale de la Ville, celle du gouvernement, est en cause et ce point de vue nous semble beaucoup plus nuancé que vous voulez le dire avec ce vœu.  Qu’il faille dire haut et fort que le dispositif ANRU est un échec patent ou que les gouvernements de droite successifs n’ont pas tenu leurs promesses envers les banlieues, nous n’avons aucun problème pour le dire avec vous. C’est vrai !

Que l’absence de réponse au projet ANRU de la ville de Noisy le Grand soit la seule raison du sentiment d’abandon de la population du Pavé Neuf, nous ne le croyons pas.

Vous le savez parfaitement bien, Monsieur le Maire, le projet ANRU sur lequel se bat la ville depuis plusieurs années, ne concerne pas seulement le Pavé Neuf. C’est, aussi, bien d’autres quartiers de notre ville comme la Butte Verte, le Mont d’Est avec la faisabilité, envisagée un temps, de la démolition du Palacio d’Abraxas, par exemple. C’est aussi, croit-on se souvenir, Château de France et le foyer Aftam.

Que l’Etat et l’équipe gouvernementale actuelle ne respectent pas leur parole, nous en sommes convaincus mais pour autant, est-ce la seule raison de nos difficultés d’aujourd’hui ?

Vous dites que « les 9000 habitants du Pavé Neuf, souvent issues de classes populaires, travaillant dur et dans des conditions précaires attendent un soutien fort de la puissance publique et qu’ils ne peuvent se résoudre à être les otages d’une poignée de délinquants qui voient dans le Pavé Neuf un territoire de trafics propices à une économie souterraine dont ils sont les seuls bénéficiaires ».

Mais, Monsieur le Maire, c’est le cas dans d’autres quartiers de la ville. Pas plus tard que la semaine dernière, le Parisien s’en est fait l’écho à propos d’interpellations pour trafic de cannabis dans le quartier du Champy.

Non, Monsieur le Maire, nous ne pouvons nous contenter que de cela. La puissance publique, c’est aussi la ville même si, nous le savons bien, elle ne peut pas tout. Pour autant, elle peut faire et elle a fait.

Rappelons-nous les Arpenteurs urbains que l’on n’a pas pérennisés, préférant à ceux-ci, une police municipale. La ville avait fait pourtant la démonstration concrète qu’au delà de la seule répression, la prévention pouvait être une réponse efficace auprès d’une jeunesse en difficulté.

Ce qu’il y a de curieux, Monsieur le Maire, c’est que la même note de présentation le dit en indiquant « qu’aujourd’hui au Pavé Neuf, nous rajouterons partout en France, cette jeunesse est niée, stigmatisée voire sacrifiée ».  Et face à cela, vous nous proposez de doubler les caméras de vidéosurveillance, faisant vôtres les propositions de Mme Alliot Marie et du Président Sarkozy, les mêmes qui vous refusent avec Mme Boutin et avant M. Borloo d’instruire le dossier ANRU ?

Il y a là une contradiction qui nous échappe puisque vous allez même jusqu’à vouloir obtenir le bénéfice de leur financement par le biais du Fond Interministériel de la Prévention de la Délinquance, véritable tour de passe- passe sémantique et budgétaire qui fait passer la vidéosurveillance généralisée pour de la prévention !!!

Monsieur le Maire, au risque de vous déplaire, nous ne mangeons pas de ce pain là et nous vous mettons en garde car il en est que trop qui se sont ralliés à la politique sécuritaire de ce gouvernement pour faire face aux difficultés sociales grandissantes dans ce pays. Il y aurait donc des réponses publiques qui dépassent les clivages politiques ?

Nous ne sommes pas d’accord. Le terrain du tout sécuritaire, cher au Président de la République, on en connaît, vous et nous, l’ambition… C’était celle de prendre des voix à l’extrême droite.

Vous comprendrez que nous ne puissions partager la banalisation de cette approche. 

Dans le même temps, vous demandez, en outre, le rétablissement d’une police de proximité. Pourquoi pas ? En effet, personne ne conteste que la présence réelle dans les quartiers d’une police connue et reconnue, pas seulement sous l’angle de la seule répression, est un bon moyen d’aider à une certaine paix sociale.

Si nous souscrivons a priori à cette idée, nous la pensons efficace que si de véritables actions de prévention sont organisées et maintenues dans la durée. Nous la pensons efficace que si est amplifié le soutien aux associations qui œuvrent sur le terrain, non pas comme satellites de la mairie mais simplement pour leur efficacité auprès des populations, jeunes ou moins jeunes. La Direction du Développement Urbain de Noisy le Grand en a sans aucun doute une vision précise grâce à sa longue expertise accumulée au fil des ans.

Nous l’avons dit et redit, Monsieur le Maire, tout dernièrement, d’ailleurs, lors du vote du budget, Noisy le Grand a encore les moyens d’un effort encore plus significatif en faveur de ses concitoyens défavorisés. Nous dirions même que notre ville n’a pas le choix car, effectivement, le moindre sentiment de relégation sociale doit être combattu en permanence.

Avec plus de 10 millions d’euros budgétés tous les ans depuis plusieurs années pour procéder à de très nombreuses acquisitions foncières, vous comprendrez que nous puissions penser que notre ville possède les marges budgétaires nécessaires pour intervenir encore plus fortement dans les quartiers qui le nécessitent.

Mesdames, Messieurs, chers collègues, nous ne sommes pas convaincus que la réussite du dossier ANRU soit la seule solution aux maux que l’on veut dénoncer ce soir. C’est un enjeu, certes mais pas le seul. Voulez vous des preuves ?  Nous en avons tous autour de cette table et, sans doute dans le public qui nous écoute. A chaque fois que la ville a choisi d’investir positivement dans les quartiers, elle n’a pas perdu son temps. Plus encore, elle a redonné confiance aux habitants concernés. Plus encore, elle les a respectés.

Allons nous mettre en cause la Mission Locale pour l’Emploi, la Maison des Services Publics, même si l’Etat s’est gravement désengagé ? Allons-nous fermer la salle de boxe et les clubs de jeunes ? Allons-nous démolir le Jardin des Sources ? Allons-nous interrompre le beau succès de la fête de ce quartier ? Non, personne n’y songe ici. Ou alors, c’est que nous marchons sur la tête !

Pour les élus de « Noisy Solidaire, à gauche vraiment », il est indispensable que l’on amplifie ces actions positives, que l’on en développe d’autres et que surtout, pour la jeunesse, soit multipliée la présence d’adultes dans nos quartiers car vous avez raison de dire, Monsieur le Maire, il ne faut pas laisser cette jeunesse « qui est l’avenir de notre ville » rester en déshérence et inquiète pour son futur.

Les pistes pour des actions nouvelles sont connues. Vous les connaissez mieux que nous ! Renforçons les actions périscolaires dans les quartiers où se concentrent exclusion et précarité. Appuyons, encore et encore, l’action des équipes enseignantes, de l’accueil du tout petit jusqu’au collège. Soutenons et aidons au développement des associations, y compris en optimisant la mise à disposition de locaux tout en respectant leur indépendance. Continuez, continuons, comme cela a déjà été fait, à mobiliser la ville avec les bailleurs et les copropriétaires !

Et, peut-être, faut-il décider avec l’appui de la CAF la création d’urgence d’un Centre Social dans le quartier afin d’amplifier des mécanismes de solidarité indispensables envers des populations plus fragiles ?

Un véritable plan « Marshall » des banlieues, ce peut être cela, même s’il faut aussi agir sur l’urbanisme du quartier pour le rendre encore plus agréable et plus ouvert.  Avec prudence toutefois concernant l’urbanisme façon ANRU qui s’est traduit, ici ou la, sur l’application du principe « démolition-reconstruction » avec lequel le solde des logements reconstruits s’est souvent retrouvé négatif par rapport à ceux démolis.

Et pour cela, au-delà du dispositif ANRU, il en va aussi de notre responsabilité commune, majorité et opposition, ici, à Noisy le Grand.  Que l’État prenne sa part en arrêtant de diminuer le soutien financier aux associations qui participent du lien social ! Qu’il arrête sa politique de casse des services publics, celle de l’Education Nationale en particulier si importante dans nos villes… tout cela, Monsieur le Maire, nous le crions avec vous sans aucune difficulté.

Mais que l’on ne fasse pas croire aux habitants de ce quartier, que seul, le déblocage du dossier ANRU va apporter la bonne solution. Pour conclure, en m’excusant d’avoir été trop long sans doute mais le sujet est tellement important, nous ne voterons pas ce vœu, Monsieur le Maire.

Nous ne voterons pas un vœu dont le principal souci semble être l’angle de la répression et de la critique, sans aucun doute justifiée mais partielle, de la politique de la ville de ce gouvernement.

Nous ne voterons pas un vœu qui parle de « citoyens de seconde zone » et qui ne propose que police et doublement de la vidéosurveillance…

Merci de votre patience

Pour les élus de « Noisy Solidaire, à gauche vraiment »               

Etienne DOUSSAIN

 

Notre intervention, applaudie par une partie du public, a valu à ce même public une remarque avisée, comme il se doit, du 1er magistrat de la ville : « je ne comprends pas que l’on puisse applaudir une déclaration comme celle là… » La suite, très résumée, vous l’avez lu dans les paragraphes précédents (cf. « lâcheté »). Quand aux autres interventions, si respectables soient-elles, leur marque principale aura été d’être consensuelles, y compris pour l’UMP à l’étonnement du maire. Comme quoi quand il s’agit de politique sécuritaire et de caméras supplémentaires, on peut trouver le Modem et l’UMP aux côtés du PS !

Résultat du vote : les deux élus de « Noisy solidaire, à gauche vraiment » n’ont pas pris part au vote nominal en l’annonçant (quolibets assurés d’une poignée de militants socialistes aussi avisés que le maire, sans doute…). A cette exception près, tous les élus de la majorité et de l’opposition ont voté le vœu pour le Pavé Neuf dans les termes soumis par la majorité.

Parfois, on se sent un peu seul au sein de ce conseil municipal mais ce n’est pas grave, on se soigne !


Les Elus de « Noisy Solidaire, à gauche vraiment »




Sylvie MONNIN et Etienne DOUSSAIN

 

 

 

 

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 22:29
Jeudi 14 mai 2009 ... Ne pas oublier le conseil municipal.

C'était marqué dans nos agendas alors nous n'avons pas oublié et sur deux sujets qui nous paraissaient plus importants que d'autres, nous nous sommes exprimés.

La première des délibérations concernait la création de la ZAC du Clos d'Ambert. Nous avions constaté, il y a quelques mois, qu'une des deux clauses suspensives du protocole d'accord entre l'Etat, la Ville et Epamarne avait été évacuée tranquillement. C'était celle des délais pour la réalisation de l'opération.

Bon prince et bonne princesse par ces temps de parité, nous n'avions pas moufté, la crise financière commençait de sonner le glas de l'économie réelle, comme on dit. Alors que le protocole de cession des terrains soit prorogé ne nous suprenait pas. Même plus, nous pouvions en comprendre la logique.

Jeudi soir, c'est la dernière clause suspensive qui n'a pas trouvé grâce aux yeux des parties signataires. Vous savez, celle qui concernait les recours contre le PLU.

Exit la clause et roulez jeunesse ! C'est pour votre bien et il y aura plein de logements sociaux dans les 1200 futurs ... logements, parmi les 70 % d'appartements en accession à la propriété.  Qualité de vie ? Densification ? On verra plus tard !

Comme nous sommes de mauvais coucheurs, des communistes que l'on ne comprend plus (au moins dans la majorité municipale, voire au Modem qui s'en rapproche bien vite ces derniers temps dans notre bonne ville, ce qui ne nous étonne pas ! ), nous avons commis la déclaration suivante : 

LANCEMENT ZAC DU CLOS D’AMBERT

Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs,

Dans ce pays, il y a un dicton qui dit que « quand le bâtiment va, tout va » !

Sauf que le « bâtiment » ne va pas très bien si on se réfère à la crise de l’immobilier et à la crise générale qui affecte la croissance française et européenne.

Même s’il est vrai que la Région Ile de France semble un peu moins touché tant la demande de logements est importante, il n’est pas dit pour autant que les promoteurs se précipiteront pour réaliser l’ensemble des projets défendus par la majorité municipale. C’est notre première observation.

Nous imaginons bien que le montage financier de ce projet de ZAC passera par l’aide de l’agence foncière régionale. Nous imaginons bien que vous ne vous embarquez pas « sans biscuit » pour créer ce nouveau quartier de Noisy le Grand.

Cela étant, ce n’est pas un mystère, nous ne partageons pas l’ambition de ce projet. La critique est avérée. 1200 logements dans cette zone, même conçus dans le cadre d’un futur éco quartier, c’est une densification inacceptable dans l’état.

Les raisons, vous les connaissez parfaitement ! Au moment du débat ouvert sur le Grand Paris et avec la problématique des transports urbains que celui-ci confirme, y compris après les engagements de la Région Ile de France sur ce plan, c’est une prise de risque pour la qualité de vie des futurs et les actuels habitants.

Oui, il faut aménager la ZAC de l’Hôpital. Pas de problème sur ce point ! Oui, il faut du logement social et c’est urgent. Vous nous direz d’ailleurs, Monsieur le Maire, sur quel dispositif, ceux-ci seront éligibles, PLA, PLUS, PLAI, car vous savez, nous le savons tous, que selon le dispositif, ce n’est plus du logement social accessible à ceux qui en ont le plus besoin.

Nous pensons aux jeunes, aux familles monoparentales dont le parent travaille à temps partiel subi, par exemple, aux chômeurs dont le nombre croit dangereusement, ou encore aux retraités dont les revenus, réformes Fillon et Balladur obligent, les transforment en nouveaux pauvres à venir.

Pour tout ceux-là, l’accession à la propriété, fusse-t-elle à taux zéro, pardonnez nous, Mesdames, Messieurs, ce n’est pas sérieux.

Si l’on ajoute à cela la tempête bancaire qui n’a pas fini de secouer l’économie réelle et la solvabilité effective des ménages en ce moment, avouons qu’il y a de quoi être circonspect sur les 70 ou 65 % d’accession que contient votre projet.

C’est aussi pour cela que nous préconisons de réduire l’importance de ce projet, gage de notre point de vue de sa réussite. C’est notre seconde observation.

La troisième, Monsieur le Maire concerne le bon tour, ou plutôt le mauvais tour, joué aux noiséens avec l’accord des services de l’Etat et Epamarne.

Comme il est dit : « le peuple gène, changeons le peuple ». Et c’est un peu de cette façon que l’on peut résumer la modification unilatérale que le protocole initial de cession contenait, car elle est unilatérale si l’on considère que les noiséens ne sont pas consultés.

Une clause restrictive gène ? Virons la clause restrictive ! Changeons les règles en cours de route, on n’y verra que du feu.

Et la clause, suspensive ce n’est pas rien quand même, quelle est-elle ?  C’est celle qui concerne les recours contre le PLU, qui, à défaut d’être purgés par la justice, il y a en deux à notre connaissance, empêche le lancement de la ZAC liée à l’acquisition des terrains !

Chapeau ! Nous imaginons sans peine ce que vous auriez dit en étant dans l’opposition, si vous aviez été témoin d’une telle modification alors que ces mêmes conditions suspensives ont été signées par les parties en toute connaissance de cause.

Mais pourquoi, se demande-t-on, ces clauses ont été inscrites dans le protocole initial ?

Par des gens sérieux sans aucun doute ! Des gens qui ont un sens aigu de la parole publique ! C’est notre troisième remarque, Monsieur le Maire, et nous tenons à dire publiquement que nous sommes choqués par le procédé.

Ainsi, l’Etat, la ville et Epamarne se déjugent comme si la fin justifiait les moyens alors que la durée du protocole avait déjà été prorogée de plusieurs mois.

Une dernière précision sur ce point. Notre remarque n’est pas seulement le fait de notre opposition au projet, elle porte sur la méthode qui consiste à changer les dispositions que l’on a mises en œuvre de plein gré, quelques mois auparavant, au prétexte que ces mêmes dispositions s’avèrent plus gênantes que prévues. Dans un principe de droit, cela ne nous apparait pas sans ambigüités.

Notre dernière observation sera courte.

Avec le lancement officielle de la ZAC ce soir, nous espérons que la Socaren va avoir devant elle des jours moins sombres. Quand ? Nous verrons bien ! Il faudra sans doute être vigilant sur la bonne santé de la société d’économie mixte de la ville.

Une autre procédure va donc intervenir, celle de la DUP. La aussi, nous verrons bien comment les noiséens réagissent et interviennent dans le débat sur l’opportunité de la création d’un ZAC de 1200 logements à proximité d’un quartier déjà dense.

Nous y participerons, Monsieur le Maire, mais en attendant ce moment, nous voterons contre la création de la ZAC du Clos d’Ambert dans les conditions que vous nous soumettez.

Etienne DOUSSAIN

Conseiller municipal « Noisy Solidaire, à gauche vraiment »

 

Il va de soi que notre maire préféré n'a pas manqué l'occasion de rappeler qu'il irait jusqu'au bout au Clos d'Ambert ... et aux Bas Heurts car à Noisy le Grand, l'immobilier avait "la banane" !


Et comme nous étions en verve, un peu plus tard, l'adjointe au maire en charge de la petite enfance nous a fourni une autre occasion d'intervenir. Pensez donc, elle nous a expliqué les vertus de la privatisation du futur jardin d'enfants du Pavé Neuf, pour le statut du personnel notamment (sic) alors que Nadine Moréno, secrétaire de son état sarkoziste venait de lancer publiquement un programme de plusieurs milliers de place pour de ... futurs jardins d'eveil.

Une attaque contre l'école maternelle ? Vous n'y pensez pas ! Une anticipation bruxelloise dans la droite ligne des mises en concurence chères à la Commission Européenne ? Diantre, comme vous y allez, à Noisy le Grand, nous y avions pensé avant !

 

Et pourtant, juste après notre intervention, un autre adjoint au maire, néanmoins vice président du Conseil Général, reconnaissait publiquement que l'annonce de Mme Morano ne les arrangeait pas. Pas de panique ! Sa longue intervention allait remettre de l'ordre dans nos petites têtes, dures à la comprenette comme dirait l'autre ...

Que nénni ! Juste un long verbiage qui n'a fait que justifier au bout du compte que ce projet de privatisation d'un jardin d'enfant était finalement une bonne chose et, certainement, pas contre la scolarisation des enfants de 2 ans en maternelle.

Manque de pot, le Parisien du jour évoque l'ouverture du jardin d'enfant de Villemomble et indique que le Conseil général du 93 "rechigne à donner son feu vert à cette structure "qui contribue à retarder l'âge d'entrée à la maternelle" selon son vice-président (PS) Pascal Popelin".

 

Pan sur le bec, selon l'expression favorite du Canard Enchainé !


ci joint le lien :

http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/le-premier-jardin-d-enfants-fait-debat-15-05-2009-513495.php
 

Alors pour le fun, voici notre déclaration accompagné des communiqués de la FCPE départementale :

 

 

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux

 

Hasard du calendrier, le 11 mai la ministre N. Morano a présenté son guide méthodologique à l'usage des maires concernant la mise en place des Jardins d'éveil.

Jardin d'éveil n'étant pas jardins d'enfants, c'est sans aucun doute à votre corps défendant que vous vous inscrivez dans la dynamique gouvernementale en la matière.

Lors d’un précédent conseil, nous avons eu l'occasion de nous exprimer sur les dangers que présente à nos yeux la promotion de ce type de structure. Comme nous ne sommes pas les seuls à nous en inquiéter, nous souhaitons faire part au conseil municipal de la position de la FCPE tant nationale que départementale. Positions que nous partageons.

La FCPE 93 a adressé un appel aux élus locaux du département afin de réaffirmer le droit à la scolarisation des 2 ans. Ce qui est loin d'être un autre débat.

A ce propos, nous vous savons sur d'autres dossiers très attachés à ne pas palier les carences de l'Etat et à ne pas subir les transferts de charge qui en découlent.

 

Voici un extrait de cette adresse aux élus locaux :

 

« Nous appelons tous les élus du département à soutenir l’action de la FCPE et nous leur demandons d’agir à nos côtés pour que la scolarisation des enfants dès l’âge de deux ans reste un gage de réussite scolaire pour chaque jeune de notre département, et pour que l’égalité des chance et le droit à la réussite scolaire ne soient pas de vains mots en Seine-Saint-Denis. La FCPE de la Seine-Saint-Denis va lancer dans ce cadre une campagne départementale « Inscris-moi à l’école ! » dont l’objectif est de recenser les besoins en terme de scolarisation (précoce ou non) en maternelle. Mais ne nous trompons pas. Au-delà de la scolarisation précoce à deux ans, c’est l’existence même de l’école maternelle qui est en jeu. La vigilance s’impose. Nous n’imaginons pas, nous, parents d’élèves de la FCPE, l’avenir réservé aux enfants si la maternelle ne trouvait plus sa place dans le dispositif de formation, de scolarisation et d’éducation dans notre pays. Nous connaissons votre attachement, en tant qu’élus, aux valeurs de l’École Publique Laïque et gratuite, et nous souhaiterions engager avec vous et avec la communauté scolaire un débat départemental sur ce problème de la scolarisation des enfants en maternelle. »

 

Cet appel est à entendre à la lumière du communiqué de presse de la FCPE du 13 mai, concernant les jardins d'éveil et dont voici la teneur :

 

« Jardins d’éveil : palme de la « poudre aux yeux » - 13 mai 2009 :

 

« Palme de la poudre aux yeux » : c’est la palme que la FCPE compte décerner au secrétariat d’Etat à la famille pour les jardins d’éveil.

Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille vient d’annoncer l’ouverture des appels à candidature auprès des collectivités locales, entreprises ou administrations pour l’ouverture des jardins d'éveil.

Ces jardins d’éveil devront offrir 8 000 places de garde pour les enfants de 2 à 3 ans d'ici 2012. Or, 8 000 places en jardin d’éveil, cela ne concerne en réalité que 1% des enfants de cette classe d’âge !

Afin que les 99 % d’enfants restant puissent intégrer l’école si leurs parents le souhaitent, le ministre de l’Education nationale devra bien maintenir les postes d’enseignants qu’il comptait supprimer.

Les parents ne sont pas dupes, ils savent où sont les véritables ambitions éducatives pour leurs enfants : à l’école maternelle et non pas dans les jardins d’éveil.

Pour la FCPE, la non scolarisation des 2/3 ans ne repose ni sur une logique éducative, ni sur une rationalisation des coûts, la seule motivation du gouvernement est de réduire à tout prix le budget de l'Education nationale.

Elle rappelle également que les rapports de la Cour des comptes et de la commission des finances du Sénat ont conclu en faveur de l'efficacité de l'école maternelle mais aussi de son coût moins élevé pour les finances publiques que celui des autres structures…

 

La FCPE rappelle que l’école maternelle est gratuite donc 100% moins cher pour les familles. Elle est présente sur tout le territoire français.

Elle est le seul lieu qui accueille tous les enfants sans distinction. »

 

Pour les raisons évoquées plus haut, nous ne voterons pas la délibération proposée. Ce d'autant plus à la veille d'un conseil municipal extraordinaire sur la situation au Pavé Neuf.

En effet, à l'heure où la scolarisation des Tout-petits est menacée y compris en ZEP, nous avons la conviction que l'implantation au sein d'un groupe scolaire du quartier, d’une structure payante gérée par un organisme privé, n'est pas un signe positif adressé aux familles, notamment les plus en difficulté, et à la communauté scolaire de ce quartier.

 

Sylvie MONNIN

 

Conseillère municipale « Noisy Solidaire, à gauche vraiment »

 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 21:16

L'hébergeur du blog ayant subitement supprimé la charte graphique précédente, il fallait bien changer.

Cela tombe bien, le blog avait besoin d'un coup de neuf !

Merci par avance de vos remarques et commentaires...

Comme le disent nos amis des Bas Heurts, il y a "Noisy Magazine", parole officielle, s'il en est et il y a les blogs des Noiséens et des Noiséennes qui ne se contentent pas que .... de "Noisy Magazine".

 

Bonne lecture à vous avec

 

On a le droit de voir rouge

 

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 10:21

10 mai : commémoration de l'esclavage

A l'occasion de la journée nationale de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, ce texte de Christiane Taubira.

Le bétail humain

Avant d'en arriver là dans le Nouveau Monde, ils sont déportés d'Afrique, après avoir été razziés, capturés, y compris dans les villages de fond de forêt, puis acheminés entravés jusqu'aux barracons ou esclaveries côtières de Gorée, Ouidah, Loango, après l'ère de prospérité de Zanzibar. Ils sont vendus par lots, ce qui permet aux négriers de charger plus vite et aux intermédiaires de vendre plus facilement les enfants, adolescents et adultes faibles. Les jeunes filles sont souvent soumises au rituel de l'appareillage, viol par les matelots, acte d'abus immédiat et investissement pour le capitaine qui en escompte des grossesses, donc une valorisation de sa marchandise. L'acheteur vérifie l'état de vigueur de chacun et scrute scrupuleusement les dents et les yeux. À Ouidah se trouve encore un caveau à ciel ouvert où les esclaves étaient entassés et exposés aux intempéries. Ce caveau est entouré d'une fosse aux caïmans auxquels étaient jetés ceux qui, avant le terme des trois semaines d'entrepôt, montraient des signes de faiblesse. Un autre large caveau en sous-sol servait à préparer les esclaves à survivre aux semaines de navigation en fond de cale obscure. Ceux qui présentaient des troubles de la vue servaient à gaver les caïmans. L'arbre de l'oubli autour duquel les esclaves devaient tourner, sept fois pour les femmes et neuf fois pour les hommes, selon les chiffres magiques attribués à chaque sexe, témoignent du sérieux avec lequel intermédiaires africains et négriers européens considéraient le ciment culturel susceptible de favoriser les révoltes. La transaction conclue, le « bétail humain » est marqué au fer rouge. La traversée de l'océan (the middle passage) dure plusieurs semaines, au risque des tempêtes, des attaques de pirates et des insurrections d'esclaves.

Le regroupement en fonction de langues différentes et parfois de communautés rivales a probablement compliqué et retardé les rébellions mais ne les a pas toutes empêchées. Quelques mutineries sont demeurées célèbres, celle, tragique, racontée par Prosper Mérimée dans Tamango et celle, victorieuse, du voilier Amistad. Elles sont simplement paradigmatiques des fréquentes révoltes constatées. Les esclaves, enchaînés deux à deux, sont alignés tête-bêche pour en caser le plus possible et ils effectuent le voyage nus pour éviter la vermine et réduire le taux de mortalité principalement dû au scorbut, que les historiens évaluent entre dix et trente pour cent. Les femmes sont souvent violées par les marins la nuit ou le jour, dans la pénombre, à même le sol. Les captifs sont contraints de dormir sur le flanc pour encore gagner de la place, côté droit pour dégager le cœur. Tous les quinze jours, ils sont conduits sur le pont pour prendre quelque exercice en courant ou en dansant, sous l'œil vigilant de matelots armés. Ils ont souvent mis à profit ces moments, soit pour se jeter aux requins, soit pour tenter une révolte qui, en cas d'échec, était impitoyablement réprimée. C'est probablement sur le pont des navires négriers qu'ils ont commencé à mêler les rythmes européens à leurs chants et les quadrilles à leurs danses.

 Des meubles

À l'arrivée aux Amériques, aux Caraïbes et dans l'Océan indien, ils sont vendus par lots ou séparément. La plupart des plantations domaniales ou privées, de canne à sucre, de tabac, de café, de cacao ou de coton, requièrent une abondante main-d'œuvre. L'exploitation des minerais précieux, or, argent et pierres, plus encore. La durée de vie des esclaves est d'environ dix ans, d'où le fort besoin de renouvellement par la traite. Certaines habitations sont spécialisées dans la reproduction. Au marché aux esclaves, les maîtres choisissent des hommes forts, beaux et vigoureux qu'ils instaurent étalons et louent pour engrosser les femmes dans les plantations fort consommatrices de main-d'œuvre et fortement exposées au marronnage. Les fabricants de clichés y puisent une explication rationnelle au prétendu vagabondage sexuel des Antillais, dont il n'est toujours pas démontré qu'il soit plus élevé que la polygamie camouflée européenne.

Par l'article 44 du Code Noir, le roi de France (ci-devant Louis quatorze), « statuant et ordonnant pour tous les peuples que la divine providence a mis sous son obéissance » déclare « les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté ». Ces biens meubles seront insérés dans le cheptel, tant dans les livres de comptes que lors des enchères, saisies, héritages ou transmissions - à condition d'avoir survécu aux multiples sévices autorisés aux articles 18, 34 à 38, 42 et 58.

 La vérité assumée

Par ses institutions les plus prestigieuses, la République française s'est engagée dans la voie de cette vérité assumée. En 2001, elle a donné un nom et un statut au crime. « II y a crime contre l'humanité quand l'humanité de la victime est niée, en clair et sans appel » assène André Frossard.

Expliquer la France, la construction de l'identité nationale, son histoire et son économie, sa géographie et sa sociologie, sa diplomatie, son avance dans les sciences tropicales, le fumet grandiloquent de sa parole lorsqu'elle s'adresse au monde sans considérer ses trois siècles de présence au monde, c'est écarter un précieux matériau et mal comprendre la présence du monde sur son territoire, l'influence du monde sur ses lois et ses débats, sa persévérante notoriété et son rayonnement dans l'imaginaire universel.

Pourtant, le chantier demeure immense. « La dignité humaine est inviolable » rappelle la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Elle nous assigne, nous enjoint de porter le fer de cette éthique jusqu'où portent nos yeux et notre entendement. Très loin.

Christiane Taubira, introduction aux Codes noirs, aux éditions Dalloz, 2006


Merci à nos amis de Bondy pour avoir pris le temps de rechercher et mis en ligne ce texte remarquable.

On a le droit de voir rouge

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