On a le droit de voir rouge !
Le chômage dans les quartiers dits sensibles (le 12 janvier
2010)
Près de 17 % de chômeurs dans les Zones urbaines sensibles (Zus). Un taux deux fois plus important que dans le reste du territoire.
Dans une même agglomération, le taux de chômage dans une zone urbaine sensible (Zus) est deux fois plus élevé qu’ailleurs : 16,9 % contre 7,7 % en 2008. Les jeunes (15-24 ans) sont les plus touchés, notamment les jeunes hommes avec un taux de 41,7 %. Ce taux est aussi élevé chez les jeunes filles : 29,6 %. Chez les plus âgés (50-59 ans), les hommes sont plus souvent au chômage, 12,9 % contre 8,5 % pour les femmes.
Cet écart s’explique d’abord par l’effet de la ségrégation urbaine. Ces quartiers ont connu le départ massif des couches moyennes, ils concentrent les difficultés sociales et on y trouve des populations ayant plus de difficultés à obtenir un emploi (sur-représentation des catégories populaires, des immigrés, des jeunes et des personnes peu ou non diplômées notamment).
A l’“effet quartier”, s’ajoute un “effet origine” : l’écart constaté est aussi une conséquence de la discrimination. Non seulement l’adresse portée sur le CV est stigmatisante, mais les employeurs et agences d’intérim opèrent aussi un tri plus ou moins explicite selon l’origine "ethnique" des postulants.
Taux de chômage par âge et par sexe
Unité : %
Zones urbaines sensibles (Zus)
Quartiers hors Zus des unités urbaines ayant une Zus
Hommes
Ensemble Hommes
18,1
7,7
15-24 ans
41,7
19,1
25-49 ans
14,6
6,4
50-59 ans
12,9
5,8
Femmes
Ensemble Femmes
15,6
7,7
15-24 ans
29,6
16,1
25-49 ans
15,1
7,3
50-59 ans
8,5
4,7
Ensemble
16,9
7,7
Source : Insee - Enquête emploi. Année des données : 2008, population active de 15 à 59 ans
A lire sur notre site :
Discriminations à l’embauche des jeunes d’origine immigrée
Le diplôme protège moins dans les quartiers sensibles
Pour en savoir plus : rapport 2009 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles