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Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
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Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 18:45

On a le droit de voir rouge n'a pas relayé d'informations depuis le référendum grec, la victoire du NON, puis l'accord de nature coloniale qui a été imposé au gouvernement d'Alexis Tsipras et au Parlement grec.

Une négociation, le pistolet sur la tempe, selon l'expression prêtée au 1er ministre grec lui-même, après un feuilleton odieux durant lequel la lutte de classe s'est doublée d'un véritable conflit Nord-Sud au cœur de l'Europe, avec pour tête de file les tenants de l'austérité budgétaire, l'Allemagne et ses affidés, et leurs complices sociaux démocrates dont les représentants français qui ont largement montré leur duplicité. Au fond, tous étaient d'accord, il fallait faire rendre gorge au peuple grec qui leur parlaient de démocratie, eux-même qui avaient bafoué leur propre opinion publique, rappelons-nous le Traité constitutionnel...

Le Capital ne fait pas de quartier ! On ne rigole pas avec le pognon et ses valets font le boulot, quitte à utiliser la fibre nationaliste la plus honteuse (les français et les allemands ne vont pas payer pour ces salauds de grecs...), quitte à mentir, manipuler la réalité, bloquer les banques via la BCE et menacer d'un Grexit qui reste d'actualité puisqu'une même politique ne peut avoir que les mêmes résultats ... Comment imaginer sérieusement que la dette grecque puisse diminuer alors même que la purge va éreinter encore un peu plus la population, déjà si mal en point ? 50% des moins de 25 ans au chômage avant Syriza, qui dit mieux ?

Pour autant, rien n'est joué même si l’écœurement nous gagne en constatant que l'on applique à la Grèce une technique de dépeçage, largement inspirée de la méthode de la Treuhand lors de l'annexion de l'Allemagne de l'Est (que nous avons, nous aussi, payé avec les salariés allemands...).

Privatisations (14 aéroports privatisés, par exemple, et des futures acquéreurs ...allemands ou français) reculs sociaux, appauvrissement généralisé, garanties sociales explosées, crise sanitaire, voilà le menu, voilà la nouvelle potion amère, voilà le conflit de classe Nord - Sud !!!

Passé le coup de massue, passées les réactions à chaud, prenons le temps de réfléchir, d'organiser la solidarité et, surtout, de défricher autant que possible d'autres alternatives en tenant compte des divergences et, pourquoi pas, d'erreurs "optimistes".

Voici donc un point de vue, vu de Syriza...

Entretien avec John Milios
conduit par Michal Rozwor
ski

Ce mercredi 22 juillet, une partie de l’accord imposé par les institutions et accepté par Alexis Tsipras – décider son adoption est, au plan politique, un test dont le caractère ne peut être tempéré par des expressions de malaise personnel – est à nouveau soumis à la Vouli. Il faut avoir à l’esprit que le document de 975 pages est un ordre de marche détaillé.

Le premier point présenté ce mercredi a trait à la législation bancaire, dite du bail-in et qui reprend l’accord de l’UE du 26 juin. C’est-à-dire: une banque, en cas d’insuffisance de capitaux propres suite à des pertes, doit solliciter en priorité les actionnaires et les créanciers détenteurs de dettes subordonnées. Cela pour limiter le concours de fonds publics.

Or, le Hellenic Republic Asset Development Fund (HRADF), créé en juillet 2011, en tant que société anonyme de droit privé, dont la République grecque est le seul actionnaire, dispose d’une présence notoire dans Alpha Bank, National Bank et Piraeus Bank. Dans le Conseil d’experts se trouvent trois membres nommés par le Troïka. L’organisation du système financier grec est, dès lors, au centre des débats, d’autant plus qu’une recapitalisation des quatre banques, à hauteur de 25 milliards d’euros, est prévue. Toute la mécanique banco-financière échappe au «pouvoir» gouvernemental grec. Ce même mercredi, la «réforme» du Code civil est aussi prévue. Aucune facette de la société n’échappe à ce qui est qualifié, de manière outrageuse, de «plan d’aide»

Alexis Tsipras répète: «Je vois des déclarations, mais pas de plan alternatif à l’accord du 12 juillet; et si le plan le plus à gauche est celui de Schäuble [Grexit temporaire de 5 ans, pour résumer], qu’on aille le dire aux Grecs.» Vendredi 25 juillet, les envoyés de la Troïka arriveront, officiellement, à Athènes. Vont-ils parler aux Grecs, et à quels Grecs?

Des ministres cherchent à indiquer quel chemin pourrait être emprunté afin d’amortir le choc de l’austérité. Ainsi Theano Fotiou, ministre déléguée à la Solidarité sociale, insiste dans des interventions radiophoniques, à la fois, sur le besoin «d’unité de Syriza» et sur des mesures telles que la réintroduction de repas dans les écoles, à la rentrée. Pour le faire, il faudra compter sur l’aide de la diaspora grecque! Est-ce un plan B à l’intérieur du plan A? La porte-parole du gouvernement, Olga Gerosvasili, laisse entendre, elle, que le désaccord sur l’agriculture est secondaire. «L’information» gouvernementale a ses exigences, dans un pays où les grands médias privés ont perdu leur crédibilité.

Les votes de députés de Syriza vont être comptés et «enregistrés» ce mercredi. Les Non seront-ils 32? Les 7 abstentions (vote «présent») seront-elles au rendez-vous? Le travail au corps effectué par Tsipras et son entourage – menaces et cooptation – sera-t-il validé ou sera-t-il mis en échec complet ou partiel? Cela ne relève pas de l’anecdote, mais du futur de Syriza comme coalition d’une «gauche radicale» mise en échec. Et cela, au moment où la «polarisation» interne est très forte, où les attaques virulentes contre la gauche se multiplient. Sans mentionner la rumeur selon laquelle des membres de KOE (courant ex-maoïste au sein de Syriza) démissionneraient de Syriza, ce qui n’est pas confirmé. Sous les heurts d’une crise protéiforme, une reconfiguration de la «gauche radicale» se profile ou a déjà commencé. La manifestation appelée par Adedy ce mercredi soir risque de ne pas être massive. Et le «climat policier» pourrait faire écho à la canicule.

Nous publions ci-dessous un entretien avec John Milios, économiste et membre du Comité central de Syriza. L’exposé que John Milios devait réaliser dans le cadre du Forum international Ernest Mandel à Lausanne est publié, en date du 29 mai, sur ce site: La logique de classe intrinsèque des politiques d’austérité. Syriza peut-il proposer une alternative progressiste?] (Rédaction A l’Encontre)

*****

Quelle est la situation une semaine après que le Parlement a accepté le Mémorandum et deux semaines après le référendum?

Lorsque le référendum a été proclamé, nous avons assisté à une campagne de vote qui avait des caractéristiques sociales et de classe. Il y avait deux «Grèce» se combattant l’une l’autre. D’un côté on trouvait, en gros, les pauvres, les salarié·e·s, les chômeurs et les petits entrepreneurs alors que, de l’autre, se trouvaient les capitalistes, la classe directoriale ou des cadres [managérial class], les rangs élevés de l’Etat, etc., qui faisaient de l’agitation pour le Oui.

Enfin, une vaste coalition de la majorité sociale a vu le référendum comme une chance d’exprimer leur engagement contre la poursuite de l’austérité et du néolibéralisme. Tout cela s’est produit dans une situation de crainte et de terreur provoquée par le choix de la Banque centrale européenne (BCE) de ne pas étendre la fourniture de liquidité d’urgence (Emergency Liquidity Assistance, ELA) aux banques grecques. Un grand nombre de personnes ont vu cela comme une tactique visant à provoquer la frayeur et ils ont commencé à retirer leur argent. Enfin, tout cela a conduit à la fermeture des banques.

Le peuple grec a donc voté alors que les banques étaient fermées et dans une atmosphère de peur selon laquelle le vote en faveur du Non conduirait au désastre. Il y a également eu des chantages intenses face à face de la part d’employeurs faisant pression pour que leurs travailleurs votent Oui. Malgré cette campagne de peur et de propagande, 61,3% des électeurs ont voté Non.

Qu’en est-il aujourd’hui de ce résultat?

Je pense que le référendum était une erreur politique de l’administration Tsipras. Mon opinion personnelle est que Tsipras, et si ce n’est pas lui alors la majorité du gouvernement qui l’a placé sous une forte pression, souhaitait signer le Mémorandum. Ils estimaient que le résultat au référendum serait ce que les sondages prévoyaient: 50-50, ou une petite majorité pour le Non. Cela aurait offert une légitimation politique à signer le Mémorandum.

Mais ce qui s’est produit avec le référendum a été extraordinaire et cela a ouvert la question pour l’avenir. Le gouvernement a transformé le 61,3% de Non en un 82% de Oui au Parlement et a accepté le Mémorandum.

Je vois une ligne rouge traverser la politique de ce gouvernement dès le premier instant. Ils pensaient pouvoir gouverner de la même façon qu’avant la crise. C’est-à-dire que la question principale est une récession, et que l’austérité est seulement une mauvaise politique qui provoque des réductions supplémentaires de la demande finale effective.

Personnellement, je pense que cette analyse est complètement fausse [voir l’article de John Milios mentionné en introduction]. Le Capital n’a pas d’autres moyens de sortir d’une crise de lui-même sans réduire les coûts par unité de production par tous les moyens. Il y a deux moyens de le faire: par une réduction des «coûts du travail» – c’est-à-dire, l’austérité – et par une diminution des coûts en biens intermédiaires et en capital.

Même la seconde option entraîne une récession à court terme. Imaginons, par exemple, que toutes les industries réduisent de moitié l’utilisation de pétrole, de gaz et d’autres énergies nécessaires en général. Que va-t-il arriver au secteur de l’énergie? Il va sombrer.

Le capitalisme fonctionne au travers d’un remaniement permanent des rapports de force. Ce gouvernement n’a pas réalisé que s’il voulait être un gouvernement de la classe laborieuse, il aurait à suivre une politique qui, dès le début, ne parle pas de développement et de récession en général, mais cherche des voies alternatives pour promouvoir la production de biens et de services.

Ceci comprendrait des structures coopératives, l’ouverture d’usines ou d’entreprises dans le secteur des services aussi bien qu’un système fiscal solide et juste qui redistribue les revenus et les richesses en direction de la classe laborieuse. De telles mesures devraient être des objectifs en tant que telles, pas seulement des moyens de sortir de la crise. La question clé est: sortir de la crise en faveur de qui?

Quels sont les obstacles à de telles mesures au niveau de l’économie grecque?

Au travers des mémorandums [2010 et 2012], le caractère de l’économie grecque a changé en partie. Elle est devenue plus proche d’une économie latino-américaine. C’est-à-dire: une économie duale au sein de laquelle une partie de la population est exclue.

Il y a eu une très importante augmentation des profits en raison de l’austérité. Grâce aux privatisations et aux politiques néolibérales extrêmes, le capital privé a gagné de nouvelles possibilités pour entrer dans ce qui était le secteur public. Et, au cours des derniers mois de 2014, nous avons assisté à des taux de croissance positifs ainsi qu’à une réduction du chômage. Ainsi que Marx le disait, il n’y a pas de crises permanentes.

La question est de savoir comment une société sort d’une crise. Les profits ont augmenté et le capital est plus centralisé dans la mesure où des petites entreprises ont fermé. Il y a, par exemple, la concentration du commerce de détail dans des grands malls et des grandes chaînes de magasins.

L’austérité est la politique correcte pour le développement capitaliste en faveur des intérêts les plus agressifs du capital. C’est un moyen de destruction créative. Ils savaient qu’il y aurait une grande récession, et cette récession a dégagé du chemin les capitaux valorisés de manière inadéquate, les petites entreprises, les droits civiques, les droits des travailleurs, les droits syndicaux ainsi que des pans entiers du secteur public: tout ce qui était nécessaire.

Ce que nous avions l’habitude de décrire comme étant le modèle social européen semble aujourd’hui n’être plus qu’une mauvaise blague. Il est malheureux que ce gouvernement, qui avait un programme complètement différent, a été contraint de prendre de telles mesures: devenir un gouvernement du capital, de poursuivre les politiques des précédents gouvernements ainsi que d’aboutir à une situation où les gens le combattent.

Il y a une tension entre ce qui est interne à la société grecque et l’économie, d’un côté, et les négociations avec l’Europe qui font la une de la presse. Je pense que cela a fait partie de votre analyse tout le temps: on ne devrait pas se centrer autant sur les négociations, cela est un projet de classe.

Vous avez raison de poser cette question. Il y a deux éléments à ce sujet. Le premier, pour qui les «européens» se battent-ils? Combattent-ils juste pour recueillir les vieilles dettes du secteur public grec? Ma réponse est non, ils ne vont jamais collecter cette dette dans son intégralité. Ils savent cela et c’est la raison pour laquelle ils ont lentement commencé à discuter d’une restructuration de la dette.

Ils se battent pour une intégration européenne sous la forme d’une Europe néolibérale dans chaque pays. Ils combattent pour les capitalistes grecs mais aussi pour ceux d’autres pays. Ils ne veulent pas permettre la formation d’une alternative au sein de la zone euro.

Le second point est que l’intégration européenne joue un rôle très important en promouvant des politiques néolibérales. D’une certaine manière, elle fonctionne comme un piège pour un gouvernement qui désire mener des politiques en faveur du peuple. Cela ne découle pas du fait que de nombreux pays ont la même monnaie, mais du fait que la BCE ne fonctionne pas, de manière délibérée, comme prêteur et émetteur de monnaie en dernier ressort.

La BCE ne soutient pas les secteurs publics des pays membres de l’Eurozone par des prêts, ainsi pratiquement le seul moyen d’affronter des problèmes fiscaux durant la crise est d’avoir recours à l’austérité. Elle a délibérément placé tous les pays de la zone euro en situation de risque de défaut afin de poursuivre un agenda néolibéral.

Comment est-il possible alors de prendre cette position différente d’une refonte interne de l’économie comme réponse à la crise lorsque vous risquez le défaut, lorsque vous avez besoin de prêts supplémentaires pour rembourser les créanciers et lorsque vos banques peuvent être fermées par une institution politique comme la BCE? Une voie stratégique différente aurait-elle pu – ou peut-être l’être encore – suivie?

Je pense qu’il y avait un autre chemin stratégique et il pouvait être emprunté dès les premiers instants où ce gouvernement de gauche est arrivé au pouvoir. En résumé, une première étape consistait à créer des revenus pour l’Etat en taxant les riches. Cela impliquait également combattre la corruption aussi bien que la contrebande de pétrole et des produits du tabac. Ce gouvernement n’a pas fait grand-chose dans cette direction, même s’il s’agissait d’un point important de notre programme.

La deuxième grande question est le défaut. Nous devons dire aux Européens: «regardez, nous avons un programme électoral et vous avez une structure de l’Eurozone qui contraint chaque pays de traiter ses problèmes fiscaux par lui-même. Lorsqu’un pays ne peut faire face à ses problèmes, vous lui octroyez un prêt à condition qu’il mène des politiques d’austérité brutales. Nous sommes en désaccord avec ce cours des choses parce que nous sommes un pays démocratique et que les gens ont voté autrement. Nous avons commencé à créer des revenus pour l’Etat par d’autres moyens et nous sommes désolés, mais dès lors que vous ne nous avez pas donné les tranches de financement sur lesquelles nous étions tombés d’accord dans le passé, nous ne pouvons rembourser nos obligations de dette, ni au FMI, ni à la BCE.»

Le gouvernement grec était finalement arrivé à cette position et avait différé un paiement au FMI le mois dernier. Avant cela et sans avoir reçu les financements qui lui était dû, il a remboursé plus de 7 milliards d’euros, soit plus de 3% du PIB, aux créanciers. Le gouvernement aurait dû différer ces paiements au moins depuis février et exiger un nouveau programme.

Il aurait pu, en parallèle, afficher des excédents primaires et résoudre ses problèmes fiscaux de lui-même en taxant les riches. Le problème financier de payer les créanciers aurait alors pu être affronté par un autre programme qui n’aurait pas contenu de l’austérité.

Lorsque Syriza a remporté les élections, les banques se trouvaient dans une bien meilleure situation; depuis lors, les ménages grecs ont envoyé plus de 41 milliards d’euros à l’étranger. Les dépôts bancaires, sous toutes ses formes, atteignent actuellement 120 milliards d’euros. Avant la crise, ce chiffre s’élevait à 230 milliards. La Banque des règlements internationaux (BRI) a calculé que les ménages grecs avaient une position financière nette de 250 milliards d’euros. Il s’agit d’un excédent sous forme de dépôts moins toutes les dettes privées à l’échelle internationales.

Ces données montrent que la classe moyenne grecque et les riches envoyaient de l’argent à l’étranger bien avant la victoire électorale de Syriza, mais ce processus s’est accéléré depuis les négociations sans fin.

S’il y avait eu un départ différent, ainsi que je l’ai souligné, le résultat aurait pu être bien meilleur. Bien sûr, vous ne pouvez être certain d’une chose avant de l’essayer. Mais je suis convaincu qu’il y aurait pu avoir, et qu’il y a, une autre voie.

Que se passe-t-il maintenant que les banques se trouvent dans cet état fragile, que les dépôts ont disparu et qu’un nouveau Mémorandum doit être mis en œuvre? Le Mémorandum peut-il être réalisé par un parti de la gauche, en particulier en l’espace de quelques années? Ce gouvernement obtiendra-t-il le soutien du parti? Y a-t-il des marges de manœuvre?

Le gouvernement m’a placé et nous met chacun dans une situation particulière: en rupture entre nos propres opinions politiques et notre position en tant que partie de la majorité travailleuse, d’un côté, et, de l’autre, comme membres de Syriza. Sur la base de ce que j’ai dit jusqu’ici, la politique de ce gouvernement est désormais une politique en faveur du capital et promotrice de l’agenda néolibéral. Cela va, par définition, à l’encontre des convictions de Syriza et de ce que 61,3% des électeurs exigeaient.

Il ne s’agit pas d’un problème seulement pour Syriza, mais c’est un problème pour toutes les personnes qui se sont mobilisées au cours des derniers mois et, en particulier, au cours des dernières semaines en faveur du Non lors du référendum. La question, face à ce 61,3%, est que devons-nous faire maintenant? En se souvenant, en outre, que sans la fermeture des banques et la campagne de peur ce 61% aurait été même plus important.

J’ai décidé catégoriquement que j’appartiens à cette partie de la société et que je continuerai à me battre contre l’austérité et les mesures du gouvernement qui sont semblables à celles prises par les gouvernements antérieurs. D’un autre côté, je ne veux pas assister à une scission au sein du parti. Je veux être partie prenante des débats qui sont actuellement engagés.

Une majorité du Comité central de Syriza continue de soutenir la position du Non, elle comprend des camarades de presque toutes les fractions ou courants idéologiques. Nous exigeons du gouvernement qu’il trouve une autre issue à cette crise et qu’il ne signe pas le nouveau Mémorandum.

Je suis toutefois convaincu que le gouvernement a pris sa décision et qu’il va signer. Cela rend la situation difficile: je ne veux pas d’austérité supplémentaire de la part d’un gouvernement Syriza mais je ne veux pas non plus d’une scission. C’est une situation très difficile et elle ne peut être résolue par une seule personne. Nous devons discuter entre nous, dans le parti et avec les gens.

Malgré cela, je ne suis pas pessimiste. Cette situation – qui est une énorme déception pour les personnes qui croyaient en Syriza – peut-elle fonctionner comme point de départ d’une autre voie où les gens eux-mêmes, en rapport avec des formes de démocratie directe, commencent à prendre leur présent et leur avenir dans leurs propres mains?

Pouvons-nous commencer à créer de nouvelles structures productives de prise de décision? Pouvons-nous remettre en service les entreprises et les usines qui sont restées fermées en raison de la crise? Allons-nous assister à l’émergence d’un mouvement à partir d’en bas, ce dont nous avons besoin aujourd’hui? Le vieux slogan «le peuple avant les profits» peut-il devenir une réalité concrète en Grèce?

Ce mouvement peut non seulement placer le gouvernement sous pression et exiger qu’il change de voie, mais il peut commencer à changer la société en essayant de mettre en pratique une fin de l’agenda néolibéral et défier le capitalisme lui-même.

Comment cela est-il lié au débat très concret sur la sortie de l’euro? En ne le mentionnant pas, vous semblez suggérer que c’est une question secondaire.

L’austérité et le néolibéralisme ne sont pas une question liée seulement à l’euro. Si un pays change de monnaie, la classe laborieuse de ce pays ne prend pas le pouvoir ou met un terme à l’austérité.

Cependant, j’ai déjà déclaré que l’Eurozone, par le biais des actions particulières et qui ne conviennent pas de la BCE, joue un rôle important dans la promotion et la stabilisation du néolibéralisme. Si une stratégie menée par un mouvement politique de masse qui met un terme à de telles politiques passe par une sortie de l’euro, je ne vois alors pas en quoi cela serait un problème.

Le problème auquel fait face la classe laborieuse grecque n’est, toutefois, pas un problème technique qui peut être résolu par une simple réorganisation de la politique monétaire du pays, telle que le choix de la monnaie. Je peux facilement imaginer une situation où une Grèce qui sort de l’euro ne peut trouver les ressources nécessaires pour soutenir les taux de change de sa nouvelle monnaie et recourt à des prêts de la zone euro ou d’ailleurs. Mais tout prêt, dans la phase présente du capitalisme, signifie des mémorandums d’austérité. Qui va donc financer le pays afin de soutenir les taux de change de la nouvelle monnaie?

Enfin, la dévaluation de la nouvelle monnaie favoriserait probablement les exportateurs. Mais la classe laborieuse ne fait pas partie des exportateurs.

Ils ont besoin de carburant, de nourriture et de médicaments.

Oui, en outre les exportateurs sont les grands capitalistes et ils vont simplement accroître leurs bénéfices. C’est similaire à une dévaluation interne par la diminution des salaires. Vont-ils augmenter nos salaires parce qu’ils font des profits plus importants? La question n’est pas de trouver un truc pour rendre le capitalisme grec plus efficace.

J’ai souligné auparavant la position financière nette largement positive des ménages grecs afin de montrer que les personnes fortunées et les grandes entreprises (qui ne sont pas comprises dans ce chiffre des ménages) ont déjà envoyé leur argent à l’étranger. Cette petite fraction de la société serait favorisée par une nouvelle monnaie dévaluée. La classe laborieuse, de son côté, fera face à une dévaluation de son pouvoir d’achat.

Dans le sillage de changement social qui défie le néolibéralisme et le capitalisme, il n’y aura aucune raison d’arrêter parce que la Grèce a l’euro. Dans ce cas, une nouvelle monnaie pourrait être nécessaire pour soutenir cette nouvelle voie. Mais nous devons partir de ce chemin, non l’inverse. C’est la raison pour laquelle je considère que la question de la sortie de l’euro est secondaire.

En parlant non pas en termes théoriques mais politiques – c’est-à-dire: comment modifier les rapports de forces politiques et sociaux – je considère l’euro comme un faux problème. Je ne participe pas à des débats sur la devise parce qu’ils mettent de côté la question principale qui est comment renverser la stratégie de long terme des capitalistes grecs et européens en faveur de l’austérité.

La question n’est pas tant récession versus croissance en général que celle de la redistribution des richesses, des revenus et des pouvoirs au profit de la classe laborieuse; en d’autres termes, une croissance pour la majorité sociale et non une croissance dans l’intérêt des profits

(Traduction A L’Encontre. Entretien réalisé le 20 juillet 2015, publié le 21 sur le site Jacobin. John Milios est membre du Comité central de Syriza, professeur d’économie politique à l’Université technique d’Athènes. Michal Rozworski est un écrivain et chercheur qui vit à Vancouver, Canada. Cet entretien peut être écouté, en anglais, sur le blog de ce dernier).

http://alencontre.org/europe/grece-ils-pensaient-pouvoir-gouverner-de-la-meme-facon-quavant-la-crise.html?fb_action_ids=10200699689532016&fb_action_types=og.likes

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el pueblo 16/08/2015 18:01

« Syriza était le parti de la défaite du mouvement » - Interview du Mouvement Antiautoritaire (AK) sur Syriza, le référendum et ce qu’il faudrait faire

Qui êtes-vous et quelle est votre relation avec le mouvement extraparlementaire et avec Syriza ?

AK est un réseau d’assemblées antiautoritaires fondé en 2003, qui sont basées sur l’anti-hiérarchie, la prise de décision par la démocratie directe et l’abolition du pouvoir. Nous luttons contre totalitarisme parlementaire et nous n’a jamais eu de relations avec les partis parlementaires quels qu’ils soient. Nous avons créé des alliances sociales et politiques avec de nombreux collectifs, citoyens, assemblées populaires et organisations politiques qui luttent pour une société autonome émancipée auto-organisée contre l’État et le Capital.

Syriza était ‟le parti du mouvement”. Quelle sorte de relation Syriza a-t-il avec le mouvement maintenant ?

Syriza était le parti de la défaite du mouvement et de l’incapacité de poser en son sein des alternatives viables au cours du cycle de luttes dans la crise. Plus SYRIZA s’approchait de la possibilité d’obtenir la première place de la représentation parlementaire, plus il se distançait par lui-même des pratiques de mouvement. L’incorporation de nombreux ex-politiciens populistes du PASOK dans le parti a clairement signifié que SYRIZA était le produit de la défaite de mouvement des places dans la mise en avant d’une alternative de démocratie directe plutôt qu’une dialectique de l’épanouissement d’un mouvement socialiste. Les membres de SYRIZA se sont comportés comme de vrais héritiers du Stalinisme qui caractérise tous les partis de gauche en Grèce, en défendant toutes les absurdités de leur direction au lieu de les critiquer et de promouvoir un ordre du jour plus mouvementiste. Cela est devenu encore plus clair après les derniers développements, où une partie des membres de Syriza quittent le parti parce qu’ils ne peuvent plus faire face aux conséquences de leurs choix tandis que d’autres soutiennent le gouvernement avec des arguments TINA [There is no alternative]. La vérité est que quiconque soutient maintenant SYRIZA a déclaré la guerre au mouvement.

Aviez-vous des espoirs ou des attentes quand Syriza est arrivé au pouvoir ? A-t-il changé après le référendum ?

En tant qu’organisation, nous luttons contre la politique de délégation et le parlementarisme. On n’a donc pas eu de faux espoirs sur ce que ferait Syriza une fois au pouvoir. Il y avait une partie du discours de Syriza qui était aligné avec les ambitions des mouvements et dans ce domaine nous avons cru que nous pourrions faire chanter le gouvernement pour qu’il fasse quelques réformes qu’ils avaient eux-mêmes proclamé (abolition des prisons de haute sécurité, abolition des camps de détention pour les réfugiés, abolition de travail du dimanche dans le secteur commercial), mais nous n’avons obtenu que quelques modifications mineures. En fait, les mesures récentes [l’accord avec la Troïka] ont également annulé certaines des réformes effectuées au cours du dernier semestre et les ont remplacées par d’autres dans une orientation néolibérale.

Comment la société grecque réagit-elle avec les espoirs qu’elle avait placée dans la possibilité d’un changement ?

Nous avions averti la société grecque que « sous un grand espoir s’étend une profonde déception » et cela s’est vérifié. La société grecque était largement convaincue que, sous le discours patriotique populiste de Syriza, simplement en votant pour eux, leurs salaires et les emplois seraient protégés et tout irait bien. Aujourd’hui, la plus grande partie de la société grecque se trouve dans le désespoir et la colère, et une partie significative se prépare à prendre ses affaires en main, en organisant des luttes contre les mesures à venir et en développant des structures auto-organisées qui ont l’ambition de satisfaire les futurs besoins sociaux.

Le référendum grec concernant la politique d’austérité de l’UE a été rejeté par la grande majorité qui s’est prononcé pour le « Non ». Quels secteurs de la société ont été mobilisés pour le Oui et pour le Non ? Comme les choses ont été vraiment polarisées, on pourrait affirmer que les partisans du « Oui » étaient les grands et les petits capitalistes grecs, les classes moyennes et une partie des classes inférieures qui étaient pris de panique à l’idée d’un Grexit. Les supporters du « Non » étaient clairement les classes inférieures, les partisans de Syriza, les gens du mouvement et l’extrême droite.

Comment Syriza a essayé de mobiliser ses électeurs ? Quels ont été les arguments communs qui ont été utilisés ?

Syriza a essayé de faire du référendum une arme de négociation. Ils ont fortement insisté sur le fait qu’ils ne voulaient pas d’un Grexit et qu’un vote important pour le « Non » enverrait un message à l’UE disant que la politique d’austérité ne sera plus appliquée. Ils ont également insisté sur le fait que les ‟valeurs européennes” de solidarité et de démocratie devaient être respectées.

Comment le mouvement antiautoritaire a-t-il réagi au référendum et à son résultat ?

Le référendum a été une question difficile. La majeure partie du mouvement antiautoritaire a voté « Non », car de cette manière les classes inférieures pourraient montrer qu’elles s’opposent aux réformes néolibérales extrêmes et aussi que cela pourrait être le début d’un redémarrage du mouvement. Une autre partie du mouvement s’est opposé au référendum en tant qu’il est une procédure parlementaire et constitue un faux dilemme. Toutes les parties du mouvement sont maintenant en train d’analyser et de discuter des problèmes et des opportunités qui nous attendent depuis que SYRIZA a déclaré la guerre au peuple, en continuant ce que les gouvernements précédents ont fait.

Comment la société grecque a-t-elle réagie au fait que le gouvernement est maintenant en train de mettre en œuvre de l’austérité et ainsi de nier le résultat du référendum ?

Le sentiment général est le désespoir. C’est un processus ambivalent qui peut soit conduire à l’apathie et à la reddition au dogme TINA, soit à la construction d’une conscience qu’il n’y a pas d’espoir dans le parlementarisme et la politique de parti, et que donc nous devons prendre les choses dans nos propres mains.

Quelle est la situation avec Aube Dorée ? Profitent-ils des récents développements au sein du gouvernement et de SYRIZA ? Ou la répression de sa direction les place dans l’impossibilité de réagir ?

Il y a une crainte commune qu’Aube Dorée puisse capitaliser l’effondrement de l’image sociale du gouvernement. Ce n’est pas une peur absurde, si l’on garde à l’esprit que le discours patriotique et populiste de Syriza de ces dernières années a légitimé une telle rhétorique qu’Aube Dorée peut mettre en avant avec discipline et sans contradictions. Il est vrai cependant qu’Aube Dorée en tant que parti – et comme mouvement pourrait-on dire – est encore étourdie et désorientée par les coups judiciaires qu’elle a subi et par des tensions internes fractionnistes. Personne ne peut prédire les résultats politiques de l’issue judiciaire du procès nazi – un procès qui est attendu depuis plus de 18 mois mais jusqu’à présent le parti n’a pas été capable de convaincre au-delà des 5% de sa base l’électorale. Je pense personnellement que le populisme d’extrême droite peut être exprimé, et s’exprimera, par d’autres parties du spectre politique, des ex-membres du parti Nouvelle démocratie. Le principal bénéfice des pertes du capital politique de Syriza sera recueilli par les ‟extrémistes du centre”, la coalition de Potami, du Pasok et de la Nouvelle-démocratie, qui font l’autopromotion de représenter la « force politique responsable contre tous les extrémismes, de gauche comme de droite ».

Une partie de la gauche européenne avait l’espoir que les développements en Grèce ouvriraient la possibilité de rompre avec le « bloc » néolibéral. Est-ce encore réaliste ? Après tout, les mêmes espoirs avaient été placés en Amérique du Sud il y a 10 ans.

Nous pensons que les développements récents parlent d’eux-mêmes. Cela n’a jamais été notre rêve ou objectif de ressembler à des projets populistes latino-américains. C’est donc à ceux qui soutiennent ces politiques et ces théories qu’il faudrait poser la question. L’Union européenne était l’enfant de parents de la droite conservatrice et elle ne peut pas changer fondamentalement. Nous pensons que le totalitarisme européen qui émerge aujourd’hui ne peut pas être combattu dans ses propres institutions, mais dans la rue et à travers des structures d’un mouvement d’émancipation antiautoritaire transnational qui combat pour l’autonomie sociale et individuelle.

En Allemagne, le Grexit était principalement une idée la de droite (nationaliste), mais elle est de plus en plus avancée par des segments de la gauche radicale. Ils critiquent Syriza de ne pas avoir établi de manière adéquate un Plan B comme un moyen de négocier, mais aussi comme une véritable option (émancipatrice), laissant ainsi l’architecture de l’Europe capitaliste intacte. Pourriez-vous décrire brièvement le discours autour du Grexit en Grèce et décrire votre position en tant que groupe priorisant l’auto-organisation contre l’État ?

Le Grexit a toujours été adopté par une large partie de la gauche, à l’intérieur de Syriza, le KKE [PC grec], Antarsya [extrême-gauche] et aussi quelques collectifs anarchistes-communistes, comme une première étape pour s’émanciper de l’hégémonie néolibérale de l’UE. Bien sûr, toutes ces positions parlent de la monnaie nationale et de l’abolition de la dette. Beaucoup de gens du mouvement pensent également que la faillite d’un Grexit offrirait une période fructueuse en termes d’intervention sociale pour le mouvement. La vérité est que cette position surestime le potentiel d’un État dans la promotion du changement social. Bien qu’il soit clair aujourd’hui qu’il ne peut pas y avoir la moindre transformation sociale sérieuse sous le totalitarisme institutionnel de l’UE, nous devrions garder à l’esprit que le choix d’un système monétaire et la mise en place des relations avec les autres Etats est un choix fait par les patrons pour les patrons et qui n’a jamais été demandé à la société (ou, même lorsqu’on le demande par référendum, son opinion ne compte pas !). L’Argentine, le Royaume-Uni et beaucoup d’autres pays ont une monnaie nationale, mais ils sont loin d’être un projet libertaire ! Donc, au lieu de discuter sur ce qu’un État pourrait faire pour promouvoir la liberté – ce qui ne serait rien de moins que lui faire commettre un suicide à ses institutions, quelque chose qui n’arrivera jamais – nous devrions discuter sur notre réel potentiel, à travers la généralisation, le renforcement et la défense d’institutions auto-organisées dans notre société qui, à travers un processus de luttes et d’autocritique et d’améliorations constantes, sera en mesure de faire valoir leurs intérêts contre les appareils d’État nationaux et transnationaux. Juste pour donner un exemple de cette conception, imagine si nous n’avions pas un seul VIO.ME, mais 1000 entreprises auto-organisées qui coordonneraient la production à travers la mise en réseau de centres sociaux et un système de monnaie auto-organisé qui remplacerait la monnaie nationale dans une partie plus ou moins grande des transactions ; dans un tel contexte, de Grexit ou pas Grexit, d’effondrement financier ou de faillite organisée, cela aurait des conséquences qui ne nous affecteraient pas beaucoup. Ce projet est loin d’être réalisé aujourd’hui, mais les fondations ont été construites et il y a une voie possible, lente mais régulière vers ce type de réalité de mouvement constituée.

Est-ce que l’opposition extra-parlementaire a encore la capacité de mobiliser maintenant que le réformisme semble avoir échoué de nouveau ? Y aura-t-il de nouveau plus d’auto-organisation et d’intérêt pour une politique de mouvement ? Ou bien cela va-t-il conduire à une dépression politique ?

La question décrit le principal pari politique de la période à venir. Notre objectif est de transformer le désespoir en colère, la perte de l’espoir en créativité et la délégation en engagement. Le mouvement est de nouveau réveillé et le monde de l’auto-organisation et de l’autogestion est prêt à prendre ses responsabilités historiques.

Où allez-vous à partir de maintenant ?

Il y a une initiative importante sur laquelle nous allons mettre tous nos efforts dans les jours qui viennent pour répondre à cette nouvelle attaque capitaliste. Elle s’appelle « Non, cela veut dire Non, Vous ne pouvez pas / Nous pouvons », inspiré par le principal slogan de VIOME. L’objectif est de :

1. Produire une résistance de masse et militante contre les mesures d’austérité et promouvoir l’autodéfense sociale face aux attaques de l’Etat (expulsions, travail du dimanche, etc.).

2. Promouvoir des projets auto-organisés et autogérés, des initiatives d’attention sociale [‟social care” : soin, assistance] et mettre tous ces éléments en communication et en coordination.

3. Coordonner, unifier et intensifier à la fois les projets de résistance et les projets auto-organisés de base sur le terrain de la reproduction sociale.

4. Promouvoir la coopération et la solidarité transnationales contre le populisme patriotique qui se développe dans la société grecque.

Le Camp ‟Beyond Europe” [Au-delà de l’Europe] contre l’exploitation minière destructrice de l’or en Chalcidique est une occasion très importante pour que le mouvement international puisse discuter, analyser et organiser les premières étapes de la stratégie d’auto-organisation contre l’Etat et le Capital.