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Le blog de "NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT !" se veut être, à la fois, un espace de contribution au débat politique dans la ville, le canton, la circonscription et, à la fois, la marque de l'expression autonome de ce regroupement unitaire.
Seront mis en ligne les interventions municipales de nos élus, des articles et les prises de position des organisations et des citoyen-nes qui ont participé à la construction de la Liste NOISY SOLIDAIRE - A GAUCHE VRAIMENT (Collectif Unitaire pour une Gauche Alternative - membre d'Ensemble -, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, France Insoumise).
Pourront être mis en ligne toutes contributions utiles au débat démocratique et à l'action politique dans notre ville, sous la responsabilité de leurs auteurs, bien entendu, et sous réserve du respect évident des Personnes.
Les propos diffamatoires, ceux mettant en cause la vie privé de chacun(e) ou les insultes ne sont pas recevables.
C'est avec un réel plaisir que seront relayées toutes les informations utiles à la ville, le canton ou la circonscription, utiles à la démocratie participative et utiles pour la construction d'une alternative politique qui change concrètement la vie ! 

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Etienne Doussain 

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 18:26

Non, je n’irai pas marcher au nom de l’union sacré ! Celle-là même dont le refrain morbide a tué Jaurès. Non, je n’irai pas marcher en ce nom-là, même si l’horreur des attentats fascistes et antisémites me révulse.

Non, je ne marcherai pas du même pas que celui de François Hollande, de Nicolas Sarkozy, d’Angela Merkel, de Davis Cameron, de Mateo Renzi, ou du 1er ministre turc, pour ne citer que ceux-là... 

Ni même d’ailleurs du même pas que ceux de Vals et de bien d’autres responsables politiques de notre pays, de la droite populaire aux responsables du Front National en passant par ceux du PS Solférinien. Ce ne sont pas ces pas là qui m’importent. Que chacun fasse son examen de conscience, c’est peu de le dire …

Qu’ils ne comptent sur moi pour croire ou même penser, « le peuple est derrière eux », ce peuple qui morfle depuis si longtemps, crise financière après crise financière comme en témoignent Grèce et Espagne comme laboratoire grandeur réelle… Qu’ils ne comptent pas sur moi, ceux qui depuis plus de 60 ans n’ont pas su comment agir pour régler l’humiliation palestienne, ou celle des Kurdes, véritable poison qui se répand dans les esprits depuis si longtemps sous toile de fond de partage du monde que l’état de l’Irak et de la Syrie ou de la Lybie démontre aussi …

Ceux qui m’importent, ce sont les pas des centaines de milliers de personnes qui se lèvent dans le pays avec, je l’espère, une seule question en tête, en pensant aux caricaturistes assassinés, en pensant à toutes les victimes innocentes de la barbarie imbécile et suicidaire, celle de l’exigence d’en finir avec l’exclusion, la stigmatisation et la division.

Que l’on me dise pourquoi des jeunes français ont pu ou peuvent encore basculer ainsi dans une telle infamie ? Que l’on me dise pourquoi leur seul horizon serait devenu secte fasciste et guerre ? Que l’on me dise pourquoi, encore aujourd’hui, certains d’entre nous sont capables d’écrire et de défendre des scénarios de guerre civile dont le concept de « remigration » est l’expression la plus terrible, alors même que la 3 ou 4ème puissance mondiale n’a pas été capable d’assumer son passé colonial et la sale guerre d’Algérie et qu’elle laisse ainsi sa population, toute sa population, celle qui se métisse au fil de l’histoire, celle qui se mondialise par les migrations de la misère dont la méditerranée est le cimetière, jour après jour, se ghettoïser dans ces villes et ses quartiers ?

Pourquoi ne sommes-nous pas capables, alors que nos pays « dégueulent » de fric et que 1% vit sur le dos des 99 autres %, de faire exister concrètement les lendemains qui chantent d’un chômage éradiqué, d’un travail partagé, d’une promotion sociale où la couleur, l’origine ou la confession ne seraient pas synonyme de méfiance et de peur, d’échanges équilibrés respectueux d’un véritable développement durable entre nations et d’une planification écologique qui donne le monde à voir en vert d’espérance ?

Non mais, dites-moi pourquoi cela ne serait-il pas possible plutôt qu’une prétendue guerre de civilisation qui n’est que l’expression de la misère et de l’ignorance dans lesquelles sont maintenus de trop nombreux pays ?

C’est pour cela que j’irai marcher… Non pas pour un drapeau, le mien pas plus qu’un autre, ni pour un hymne national ! J’irai marcher avec le peuple qui vit en France avec l’espoir chevillé au corps qu’il marche pour l’avenir et non pas pour le repli sur soi et la désignation de l’ennemi de demain. Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré auraient su le dessiner, j'en suis certain …

Etienne Doussain

Citoyen du monde

 

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commentaires

Emmanuel Constant 17/01/2015 18:00

"Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat"
Aragon

Christiane Dedryver 17/01/2015 23:31

Monsieur Constant, j'hésite entre répondre au Conseiller Général ou répondre au Professeur. Si j'ai appris que le "poète a toujours raison", j'ai aussi appris que la récupération politique ne mène jamais bien loin, sauf bien entendu si l'on veut sauver son poste d'élu, et là je m'adresse au Conseiller Général.
Si, maintenant je m'adresse au Professeur, je lui demande s'il est d'accord avec sa Ministre de l'Education Nationale qui vient de déclarer, concernant la tragédie de la semaine dernière : "il y a eu de trop nombreuses questions de la part des élèves. Nous avons entendu -oui je soutiens Charlie mais deux poids, deux mesures, pourquoi défendre la liberté d'expression ici et pas là - Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu'on les entend à l'école qui est chargée de transmettre des valeurs".
Ainsi, selon votre Ministre, au nom de la liberté d'expression il faudrait commencer par interdire ! Qu'en pensez-vous ? Répondre, discuter, argumenter avec des gamins ou des adolescents ou "Repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie" comme y invite une journaliste de France 2, pourtant Service Public comme l'école ?
Alors, s'il vous plaît, un peu de dignité pour un élu du parti qui a défilé, par exemple, avec le Premier Ministre turc, le même qui a fait interdire la caricature à la une de Charlie de cette semaine dans les journaux turcs !
Alors si, les blés sont sous la grêle, désolidarisez-vous des actes et propos de la rue de Solférino.

Étienne Doussain 17/01/2015 21:23

Citer un texte d'Aragon dans de telles circonstances est sans doute un bel hommage à ce grand poète... Pour autant, nous nous garderons de le faire parler à propos des trois gangsters fascistes qui ont endeuillé le peuple de France, tout son peuple dans sa diversité et son métissage. L'occupation nazi et la collaboration des vichyssois, nous semble-t-il, étaient malheureusement d'un niveau autrement plus terrible que la guerre de civilisation qui se tapirait derrière les actes ignobles et antisémites de 3 français, fussent-ils endoctrinés... L'union nationale, c'est agir ensemble contre les causes, certes, mais aussi ici en France.

Gilbert Soufflet 10/01/2015 19:07

Un second texte, et son complément, de l'universitaire Jean Ortiz, paru sur le site : Le grand soir :
CHARLIE HEBDO. JE NE VEUX PAS PARTAGER MON DEUIL ET MA DOULEUR AVEC EUX
Par Jean ORTIZ, universitaire.
Texte publié dans Le Grand Soir le 8 janvier 2015 :
http://www.legrandsoir.info/charlie...
Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur, antiraciste, humaniste (mais qui fut injuste envers ce site où j’écris), sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages... Ils n’ont aucune excuse.
J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.
Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux-démocrates et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.
Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?
Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information..... pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste...
Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?
Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique.
Oui, je crois à l’unité populaire et républicaine face à la barbarie, mais avec tous ceux qui consacrent beaucoup d’énergie à solidariser, à « faire pays » quand les autres l’atomisent, le livrent à la guerre de tous contre tous, le blessent, le défigurent, en font une jungle. Je me souviens que lorsque Charlie Hebdo nous gratifiait de quelques « unes » décapantes, les moralisateurs venaient faire la leçon à ces « dangereux agitateurs ».
Alors, oui, je suis en deuil, je l’assume, je le revendique. Il y a danger, il faut se rassembler. Oui, j’ai mal, mais je ne veux pas partager ce deuil et cette douleur avec ceux qui ont contribué à créer le climat nauséabond et létal qui ronge notre pays depuis des années. Oui, l’islamisme, comme tous les intégrismes, est un danger. Mais qui arme et entraîne ces monstres ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, ces Etats voyous, extrémistes, obscurantistes, valets de l’impérialisme français, qui blanchissent les milliards sales dans des paradis fiscaux, garantissent aux multinationales occidentales une chasse gardée pétrolière, piétinent les droits de l’homme et des femmes, combattent les laïques et la gauche... Comment peut-on à la fois s’ériger en gendarme international contre les groupes terroristes, et livrer, par exemple, le Paris-Saint-Germain au Qatar ?
Alors, oui, je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.
Jean Ortiz
EN COMPLEMENT, 9 janvier, 22 h.
Dimanche : la manifestation « historique », « consensuelle » et les tireurs de ficelle
Tout ce que j’écrivais hier soir, à contre courant, sous le titre : « Je ne veux pas partager mon deuil et ma colère avec eux » s’avère de plus en plus fondé, justifié. La récupération politicienne de la douleur n’a guère attendu que le sang sèche...
Quel est le statut de la manifestation « historique » de dimanche ? Qui sont les organisateurs ? Si l’on s’en tient aux médias, c’est F. Hollande et M. Valls qui l’organisent, qui invitent, dans un souci désintéressé d’ « unité nationale »... et nullement de remontée dans les sondages. La lutte contre le terrorisme, nécessaire, sert de prétexte à l’ « union sacrée », à la relégation des questions sociales, des causes et des ravages de la crise, des fruits pourris de la violence, du terrorisme, sert à l’abdication devant les inégalités, source d’affrontements, devant la pauvreté, l’exclusion, l’affaiblissement de la laïcité, l’obscurantisme, qui gagnent du terrain...
Manifestement, le chef de l’Etat et le premier ministre font une OPA sur la manifestation, en instrumentalisant la douleur et l’émotion. Comment peut-on manifester pour défendre la République, aux côtés du néo-franquiste Mariano Rajoy, qui combat en Espagne le rétablissement de la République, qui fait une loi pour criminaliser les mouvements sociaux, qui s’accommode de 130 000 Républicains « disparus » dans des fosses communes, qui subventionne le parc thématique fasciste du « Valle de los Caidos » (Patrimonio real), qui s’en prend aux droits des femmes, qui contraint près de 50% des jeunes diplômés au chômage et à l’exil ? Lui offrir un vernis de défenseur de la démocratie, à quelques mois d’élections générales, où la gauche de gauche (Podemos, Izquierda Unida...) peut gagner, ce n’est pas aider l’alternative possible. Quant à la présence de Merkel, Cameron, Renzi, des sabreurs de l’Union Européenne, il faudra se boucher le nez et les oreilles. Oui, il y a « hold-up » sur l’indignation populaire contre la haine, la violence, l’intolérance...
Jean Ortiz

Gilbert Soufflet 10/01/2015 19:03

Un premier texte dans le même esprit, paru sur le site de Regards :
Unité nationale ? C'est non !

La légitime émotion collective créée par l'attentat contre Charlie Hebdo ne doit pas être le prétexte d'un Patriot Act à la française. Elle doit aussi conduire à une lutte sans compromis contre les fondamentalismes qui prospèrent aujourd'hui.
L'effroyable massacre de la rédaction de Charlie Hebdo a suscité une intense émotion, un sentiment profond de dégoût contre un acte barbare. Spontanément des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, les déclarations ont été unanimes pour condamner ces assassinats, c'était bien le minimum.
Il n'y a pas lieu de douter de la sincérité de toutes celles et tous ceux qui se sont exprimés, mais au-delà de la sidération commune, commencent les divergences politiques. Dès ses premières déclarations, le président de la République a appelé à « l'unité nationale face à la barbarie ». Il n'en est pas question. Une union nationale des forces politiques supposerait un accord sur ce qu'il faut dire et faire après un tel événement. C'est évidemment impossible.
La tentation sécuritaire
Au lendemain même de l'attentat meurtrier à Charlie Hebdo, Marine Le Pen a déjà embrayé, réclamant un référendum sur la peine de mort. S'agissant de lutter contre des djihadistes qui partout manifestent le peu de cas qu'ils font de leur propre vie, aspirant plutôt au martyr, la revendication est grotesque. La présidente du FN le sait bien, et si elle utilise cette arme, c'est qu'elle tente de capter l'aspiration à l'ordre qu'un tel événement fait naître au sein d'une fraction de la population.
Depuis des années, l'arsenal législatif a été sans cesse modifié, se traduisant à chaque fois par de nouvelles restrictions des libertés et des moyens accrus de surveillance par l'État. Nicolas Sarkozy s'était spécialisé dans l'exploitation nauséabonde de faits-divers, pour alourdir à chaud les lois répressives de ce pays. Les conséquences sont bien connues, avec une criminalisation croissante des mouvements sociaux, les procès en tout genre contre des syndicalistes et l'utilisation d'armes disproportionnées contre des manifestations.
Le 24 décembre, dans un curieux cadeau de Noël aux internautes, Matignon a publié un décret d'application à l'article 20 de la loi de programmation militaire (LPM). Ce texte, sous le vocable lénifiant d' "accès administratif aux données de connexion" permet une très large surveillance des télécommunications des Français (téléphone, SMS, internet, etc...) par les services de l'Etat.
Lutter contre la barbarie fondamentaliste
Tous les éléments d'un Patriot Act à la française sont déjà en place. Nul doute que des voix nombreuses vont, au nom de la lutte contre le terrorisme, demander de nouvelles restrictions démocratiques. D'autres réponses sont pourtant possibles. Celle de Fabian Stang, maire d'Oslo, après la tuerie de l'Île Utøya perpétrée par le néo-nazi Anders Breivik en 2011 (69 morts parmi les jeunesses socialistes norvégiennes), est admirable : « Nous allons punir le coupable. La punition, ce sera plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie. » Elle évoque ce que doit être notre combat. Combattre la barbarie commence par ne pas abandonner nos valeurs. Céder à la peur, en rabattre sur nos exigences démocratiques est un piège redoutable (lire aussi"Face à l'horreur, ni la peur ni la haine"). C'est reconnaître nous même que nos ennemis ont gagné en entrant sur leur terrain.
S'il ne faut rien lâcher sur nos valeurs d'égalité, de démocratie, il faut aussi mener un combat implacable contre la barbarie djihadiste. Celle-ci est plus encore l'expression d'un projet politique totalitaire qu'une dérive intégriste et disons le mot, c'est une forme de fascisme. Les exactions de Daesh au Proche-Orient sont proprement abominables. Le massacre de mercredi n'est qu'un échantillon de ce que subissent tous les jours les populations yézidies, kurdes, chrétiennes et sunnites en Irak et en Syrie.
Cela suppose donc un combat de tous les instants contre ces courants, mais aussi leurs protecteurs. Chacun sait que l'Arabie Saoudite et surtout le Qatar ont abondamment financé Al Qaïda et Daesh, deux pays avec lesquelles la France entretient les meilleures relations pour des raisons économiques. Il y a peu encore, Nicolas Sarkozy, qui demande aujourd'hui des mesures énergiques au gouvernement, cachetonnait complaisamment à Doha à l'invitation de la Qatar National Bank. De toute évidence, la lutte contre le djihadisme est soluble dans le carnet de chèques.
S'opposer à l'ascension politique des intégrismes religieux
Une partie de la gauche doit aussi balayer devant sa porte. Il faut être intraitable contre toutes les formes de racisme. Les discours haineux, les amalgames nauséabonds contre les musulmans sont devenus monnaie courante et nécessite un combat acharné et sans relâche. Mais ce qui s'est passé mercredi à la rédaction de Charlie Hebdo, les horreurs quotidiennes en Afghanistan, au Pakistan ou au Proche-Orient ne sont pas seulement le fruit d'une réaction, même très dévoyée, aux interventions impérialistes ou au climat antimusulman en France.
Il existe, de par le monde, une montée globale des intégrismes religieux et de leurs projections politiques. Le Tea Party aux États-Unis, la victoire électorale du BJP en Inde, l'extrémisme juif ou l'islamisme radical traduisent un recul de la sécularisation de la politique. Le phénomène est trop général pour ne pas renvoyer à des raisons d'ensemble qu'il faudra analyser en détail. Tous ces courants sont irréductiblement nos ennemis. Baisser la garde au nom d'un adversaire principal que serait l'impérialisme (ou autre) serait une tragique erreur. Au sein même du monde musulman existe une lutte à mort entre des courants modérés et des forces ultraréactionnaires. Ces derniers doivent être défaits.
Notre horizon, notre projet conjuguent égalité, liberté et solidarité. Cela suppose un combat de tous les instants contre la logique folle du capitalisme qui détruit nos sociétés. Cela signifie, aussi, d'être intraitable contre tous les fanatismes dont les valeurs sont point par point antinomiques aux nôtres.
Guillaume Liégard. Publié sur le site de Regards.
 
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Jeudi, 8 Janvier, 2015 - 19:29