Mercredi 17 mars 2010
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Noisy, le 15 mars 2010, bientôt le printemps, les explusions sont de nouveau possibles en France et en Navarre.
23 personnes, hommes, femmes et enfants, d'origine roumaine, roms sans doute habitués à la méfiance et l'exclusion, squattent un pavillon rue Navier. Depuis quand ? Une semaine, dix jours ?
Personne ne sait exactement. Ce qui se dit, c'est qu'elles ne gênaient pas le voisinage.
Noisy, le 16 mars 2010, vers 8 heures 45, toujours rue Navier, la circulation est difficile comme tous les matins. Manque de chance, à la hauteur du terrain vague, juste à côté du feu, un convoi
exceptionnel stationne avec, à son bord, un engin du genre tracto-pelle.
Noisy, le 16 mars 2010, vers 11 heures, dans la même rue Navier, on expulse 23 personnes d'un pavillon, croit-on savoir, municipal en présence .... de la police municipale. Si la police
nationale est prévenue, les témoins ne se souviennent pas de son intervention avec précision.
Le temps de sortir quelques baluchons, de vieux matelas et du mobilier de récupération - un canapé -, le tracto-pelle peut travailler sous le soleil et démolir méthodiquement ce pavillon squatté
par des pauvres parmi les pauvres. D'abord, le toit, puis quelques murs, histoire de dissuader quelques mauvais aventuriers de sommeil précaire sans chauffage, surtout des enfants ...
Noisy, toute la journée, des citoyens s'alertent devant cette situation. Des citoyens saisissent tel adjoint au maire ... qui appelle le 115. Pas de place. Doucement, une petite chaîne
de solidarité s'organise. Le DAL est prévenu. Tentera de trouver des tentes. Le Préfet est prévenu par fax par une conseillère régionale résidant à Neuilly sur Marne. Pas de réponse en début de
soirée. La nuit va être froide dehors pour les deux ou trois bébés aperçus et la toute jeune femme enceinte.
Noisy, le 16 mars 2010, vers 20 heures, la solidarité s'accélère. Quelques voisins apportent, qui des couvertures, qui des bâches, qui de quoi manger ou qui des vêtements plus chaud.
Noisy, le 16 mars est en train de s'achever, encore quelques vêtements chauds. Le campement de bric et de broc est prêt. Deux feux se consument et réchauffe les familles. Les petits ont pu manger
un peu, les grands un peu moins, c'est certain. Il faut dormir comme on pourra, il n'y aura pas de solution, cette nuit à Noisy le Grand. Pas de barnum qui aurait pu permettre d'être à l'abri en
famille, il y en au moins deux, voire trois. Pas de lits de camps pour être isolé du sol, juste des cartons propres que des voisins ont pensé à donner...
La honte au coeur, les noiséens qui sont venus et ont essayé de témoigner d'une solidarité élémentaire, sont aussi partis dormir d'un sommeil cauchemardeux. Demain sera peut-être un autre jour,
on ne sait jamais ?
Noisy, le 17 mars 2010, au matin et dans la journée, pas de changement, le campement - ce n'est pas du camping de vacances, soyez en certain - est toujours là. La solidarité se réveille, elle
aussi. De quoi manger pour la journée, on tente de trouver des solutions temporaires. Des militants du Secours Populaire, alertés, organisent une distribution de produits de première nécessité.
Peu de nouvelles de la mairie... Ah si, la police municipale est repassée et a demandé quelques informations aux familles ... Roms !
Noisy, le 17 mars 2010 au soir, pas de solutions, même provisoires, en vue. Visiblement, on fait dans le social dans notre ville. Malheur aux pauvres qui viennent sur notre territoire. Comme dans
d'autres sans doute, mais il se trouve que c'est dans la notre !
C'était 24 heures à Noisy le Grand, du côté de la précarité et de l'Europe élargie !
On a le droit de voir rouge
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